L’apprentissage de la lecture est une grande aventure. Pour les enfants comme pour les parents. Entre la méthode syllabique, la méthode globale ou la méthode mixte, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Pourtant, comprendre ces approches peut vraiment aider à accompagner son enfant avec plus de sérénité. Car derrière chaque petit lecteur en herbe se cache surtout un rythme d’apprentissage unique.

L’apprentissage de la lecture commence bien avant le cp
On imagine souvent que l’apprentissage de la lecture débute au CP. En réalité, il commence bien plus tôt. Dès la maternelle, l’enfant découvre les sons, les rimes, les lettres ou les syllabes. Les jeux de langage préparent le terrain.
Lorsque l’on pratique l’instruction en famille, cette question arrive souvent plus tôt encore. Par quoi commencer ? Quelle méthode choisir ? Est ce trop tôt ?
Ces interrogations sont normales. Lire est un apprentissage long. Il demande du temps, de la répétition et surtout beaucoup de bienveillance.
Et contrairement à ce que l’on entend parfois, il n’existe pas une seule bonne méthode universelle. Chaque enfant avance à sa manière.
La méthode syllabique, la grande classique

La méthode syllabique est sans doute la plus ancienne. Elle repose sur une logique simple et progressive.
L’enfant commence par apprendre les lettres et les sons. Il associe ensuite chaque son à une lettre ou un groupe de lettres. On parle alors de phonème et de graphème.
Petit à petit, les lettres deviennent des syllabes. Puis les syllabes deviennent des mots.
La progression est très structurée. Lettres, sons, syllabes puis mots. Cette méthode demande souvent de la patience car elle peut sembler répétitive. Mais elle permet à long terme de déchiffrer presque n’importe quel mot.
De nombreux manuels continuent d’utiliser ce principe aujourd’hui.
La méthode globale, souvent débattue
La méthode globale prend le chemin inverse. L’enfant commence par mémoriser des mots entiers.
Ces mots sont souvent ceux de son univers. Papa, maman, maison ou son prénom.
Je l’ai expérimentée très tôt avec ma fille aînée. Elle avait un peu plus de deux ans. Je lui montrais chaque jour un petit carton coloré avec un mot écrit dessus. Toujours le même pendant une semaine.
Le premier mot fut maman. Puis papa. Puis son prénom.
Très vite, elle a reconnu plusieurs mots sans savoir les déchiffrer. Elle les identifiait comme des images.
Aujourd’hui elle a 32 ans et reste je crois, une grande lectrice. Mais impossible de savoir si cette méthode a joué un rôle.
Car une autre de mes filles aimait aussi ces cartons. Elle a appris à lire tôt mais lit finalement assez peu aujourd’hui.
Et parmi ceux qui n’aimaient pas du tout cette méthode, certains sont devenus d’excellents lecteurs.
Comme quoi rien n’est jamais écrit d’avance.
La méthode mixte, la plus répandue aujourd’hui
Dans la pratique, beaucoup d’enseignants utilisent une approche mixte.
Elle combine les deux méthodes précédentes.
L’enfant mémorise quelques mots familiers. En parallèle, il apprend les lettres et les syllabes.
L’idée est simple. Les mots connus motivent l’enfant. Ils donnent du sens à la lecture.
Pendant ce temps, le travail syllabique construit les bases du déchiffrage.
J’ai par exemple utilisé avec mes enfants une ancienne méthode appelée Rémi et Colette. Elle date des années 40 mais reste étonnamment moderne. Ce fut d’ailleurs ma méthode d’apprentissage en 1975.
Dès les premières pages, les enfants lisent des mots comme tulipe, maman ou rouge. La progression reste syllabique mais le sens arrive très vite.
Ma mère l’avait déjà achetée dans les années 70 avec des cahiers d’exercices. Très novateur pour l’époque ! Je me souviens même d’un livret rempli de conseils pour les parents.
Plusieurs générations d’enfants ont appris à lire avec ces petits personnages.
D’autres approches existent aussi
En dehors des méthodes classiques, d’autres pédagogies proposent une approche différente.
La pédagogie méthode Montessori invite par exemple l’enfant à écrire avant de lire. On joue d’abord avec les sons. Puis on associe les lettres aux phonèmes.
Les enfants écrivent les mots comme ils les entendent grâce à un alphabet mobile.
Autre approche intéressante, la méthode méthode Borel‑Maisonny. Chaque son est associé à un geste. Cette dimension visuelle et corporelle aide beaucoup certains enfants.
Au départ, elle était utilisée pour accompagner les enfants sourds. Elle s’est ensuite diffusée dans l’apprentissage de la lecture.
La meilleure méthode reste celle de votre enfant
Au fond, la vraie question n’est pas quelle méthode est la meilleure. La vraie question est plutôt pour quel enfant.
Certains apprennent en observant. D’autres en manipulant ou en jouant.
Entre frères et sœurs, les différences sont souvent frappantes.
Depuis une dizaine d’années, j’ai remarqué que l’apprentissage de la lecture commence de plus en plus tôt. Déjà en maternelle, l’enfant apprend à déchiffrer les prénoms de ses camarades en même temps qu’il apprend à écrire, son propre prénom à l’ardoise effaçable.
J’ai d’ailleurs reçu ce matin des éditions Larousse, une petite collection destinée aux jeunes lecteurs mettant en scène Belfort et Lupin. Les histoires sont construites avec des textes entièrement décodables et une progression en plusieurs niveaux.

Les aventures sont pleines de fantaisie. Une panthère en mission à Versailles. Un lama qui sème le chaos à la ménagerie. Ou encore un chapelier royal et une plume d’autruche qui déclenchent la panique.
J’ai confié ces livres à Ennéa-Lou. Elle lit déjà correctement en CE1 mais cherche encore sa fluidité. Elle s’est amusée à lire les histoires à Wallis-Sixtine, qui n’est qu’en moyenne section.
Comme souvent, la plus grande joue la maîtresse et la petite découvre les mots avec émerveillement.
Et c’est peut être cela le secret. Lire doit rester un plaisir partagé.
Car au final, apprendre à lire ne consiste pas seulement à déchiffrer des lettres. C’est surtout ouvrir une porte immense vers l’imaginaire.
L’avis d’Ennéa-Lou (7 ans) :
J’aime bien lire, j’aime bien les histoires, j’aime bien leur nom et j’aime bien, j’aime bien les questions à la fin du livre. J’aime bien aussi les illustrations car elles sont très belles et très colorées.
Infos pratiques :
Mes premières lectures 100 % syllabiques avec Belfort et Lupin : 32 pages colorées, 4€50 par album. Plusieurs niveaux à venir.
Niveau 2 pour découvrir les premiers sons complexes et l’association des consonnes. Ensuite le niveau 3 qui poursuit la découverte des sons complexes et enfin le niveau 4 avec la lecture de tous les sons complexes. Je suis heureuse de partir à la découverte de cette méthode avec Wallis-Sixtine, cela tombe vraiment à point nommé.
Et vous quelle méthode privilégiez vous pour l’apprentissage de la lecture ?






