Vous pensiez avoir définitivement rangé vos souvenirs de dérivées et de probabilités avec les années 90. C’était sans compter sur la nouvelle épreuve de maths imposée en première. Ma fille a 16 ans, spécialité Maths Physique et SVT. Moi, j’ai onze enfants dont cinq déjà bacheliers. Autant dire que le bac, je l’ai passé plus souvent qu’à mon tour. Enfin je croyais. Cette année, nous replongeons ensemble dans les équations, les suites et les probas. Et contre toute attente, j’y prends presque goût.

Une nouvelle épreuve de maths qui affole les lycéens
Le baccalauréat a été remanié, modifié, simplifié, transformé. À chaque réforme, on nous promet plus de cohérence. Mes cinq premiers bacheliers s’en sont très bien sortis. Ils n’ont je crois pas vraiment eu conscience que le niveau du XXIe siècle n’avait plus grand chose à voir avec celui des années 80. Pourtant il suffit de comparer les pourcentages de réussite. Moins de 33% en 1987 contre 95,4 en 2024. (Je m’éloigne volontairement des années COVID)
Mais cette année, nouveauté. Une épreuve de maths de deux heures pour tous les élèves de première. Même ceux qui espéraient abandonner les maths en fin de seconde. Deux heures obligatoires par semaine et un examen au troisième trimestre.
Et pour les élèves en spécialité maths, dont ma fille, le sujet sera plus difficile. Injustice, disent ils. Rééquilibrage du niveau national, répond-on. La baisse du niveau des lycéens français inquiète à l’international. Il fallait agir.
Réviser un soir sur deux, comme lors du brevet

À partir des vacances de février, nous avons instauré un rituel. Un soir sur deux, une épreuve d’entraînement complète. Objectif bac blanc fin mars. Et surtout arriver à l’épreuve réelle sans avoir de nœud au ventre. Notre expérience du brevet, il y a deux ans l’a mise en confiance, je crois.
Nous passons environ deux heures, pauses comprises. Il y a du thé, parfois un carré de chocolat, et beaucoup de brouillons. L’ambiance est étonnamment sereine. Nous avons le temps de comprendre nos erreurs. Personne ne pleure, ne crie. Personne ne claque la porte. J’ai quelques restes de souvenir de mes révisions, soutenue par un agacement paternel …
Au début, je relisais les consignes trois fois. Aujourd’hui, je vais plus vite. Les réflexes reviennent -peu à peu ! Les petits automatismes oubliés se réinstallent. Les maths, finalement, c’est comme le vélo. On râle au départ, puis ça roule. C’est d’ailleurs ainsi qu’est nommée la première partie de l’épreuve à venir « Automatismes », ça en laisse surement beaucoup songeurs. Et sans calculatrice s’il vous plait !
Pronote, confiance et lâcher prise
Pour trouver des sujets, ma fille me rappelle qu’il y en a beaucoup sur Pronote avec les corrigés. J’avoue avoir désinstallé l’application. On dit que surveiller en temps réel absences, sanctions et notes risque de fragiliser la relation parent-enfant (source Instagram !).
Je préfère qu’ils viennent me parler eux mêmes de leurs résultats. Je déteste fliquer. Et avec six enfants encore à la maison, j’ai déjà un emploi du temps olympique.
Réviser ensemble est devenu notre espace neutre. Un moment où je ne suis ni contrôleur, ni proviseur adjoint. Juste une maman qui cherche x !
Instagram au secours des dérivées

Je m’aide beaucoup d’Instagram. Oui, les réseaux peuvent servir à autre chose qu’à regarder des recettes de banana bread.
Je suis notamment le compte de Lucas Maths, professeur à Marseille. Il est drôle, dynamique, parfois un peu excessif, mais très pédagogue. Il rend les notions limpides.
L’an dernier, pour le français, je suivais déjà mesfichesdefrancais. Une jeune prof brillante qui aide les élèves à préparer le brevet et l’épreuve anticipée. Enfin, elle aide surtout à leur donner envie ! C’est énorme.
Je ne pensais pas un jour remercier Instagram pour mes révisions de discriminant réduit. La vie réserve des surprises.
Un sport cérébral à défaut de jogging
Je ne fais hélas plus de sport depuis huit mois. Mais au moins, mes neurones travaillent. Je suis convaincue que cet entraînement mental aide à rester en éveil.
Peut-être que cela repoussera de quelques années la sénilité. Ou Alzheimer. À ce rythme, je préparerai encore le baccalauréat cinq fois. Autant m’entraîner.
Dans quinze ans, si la vie m’est clémente, je viserai la mention Très bien version retraitée.
Au delà des notes, une histoire de lien
À seize ans, les adolescents ne sont pas toujours très loquaces. Nous passons vite pour des has been. Réviser l’épreuve de maths ensemble crée un dialogue parfois inattendu voire inespéré.
On doute ensemble, on cherche ensemble. On rit d’une erreur absurde. Ces moments n’ont pas de coefficient officiel, mais ils comptent beaucoup.
Préparer cette épreuve de maths, ce n’est pas seulement viser une bonne note. C’est transmettre une méthode, une rigueur, une confiance. C’est aussi accepter de se remettre en question.
Et vous, seriez vous prêts à replonger dans les fonctions affines pour quelques points et beaucoup de complicité ?






