La civilisation marchande n’apportant récemment que des soucis, le remède résiderait-il dans un relâchement des tensions, une tranquille douceur de vivre, une rupture avec un implacable rythme de production ? L’occasion de prendre du recul, d’abandonner certaines contraintes, de retrouver nos racines ? Une envie de simplicité volontaire n’est-elle pas en train de s’immiscer en douce dans cette société éblouie par l’appât du gain, de la vitesse, d’innovations plus ou moins efficaces ?

Moins de biens, plus de liens : ce slogan est bien connu des contestataires du consumérisme effréné. Il se traduit tous les jours par l’abandon de la voiture au profit des transports en commun, le retour du troc, le recyclage et les vertus de la réparation.
Des lieux touristiques mettent en avant la “mobilité douce”, et les restaurants, la provenance de leurs légumes de potagers voisins. Le “fait main” n’a d’ailleurs jamais été si tendance, les recettes de produits de maquillage concoctés à la maison se partagent entre collègues de bureau ou copines de classe. La soupe à l’ortie joue la vedette dans les menus des établissements étoilés. Place à la récupération de l’eau de pluie, aux murs en torchis et en bois, à l’allaitement maternel, aux commerces de proximité. Halte au superflu, au gâchis, et surtout au gaspillage, au coûteux mais place à la préservation des grands équilibres écologiques, et à la régressive douceur des choses.
Retrouver ses racines
Face à la mondialisation, à l’uniformisation, à la globalisation, et au laminage culturel se développe un regain d’ intérêt pour “l’intra-muros” et l’identité-refuge. Le folklorique n’est plus péjoratif, l’apprentissage des langues régionales séduit de plus en plus d’apprenants. La généalogie attire aujourd’hui plus de 500 000 français en quête de liens familiaux. Libre ensuite, d’aller flâner sur les lieux chers aux aïeux, et de tisser de nouveaux liens avec des parents retrouvés.
Liens du corps

Nous avons tous besoin de caresses. Rien d’étonnant alors, que les massages représentent 70% du chiffre d’affaires d’un spa. Pourtant, c’est encore un marché d’initiation, et pour la plupart des “nouveaux” adeptes, un massage demeure une découverte. Ils ne le connaissent qu’à travers des reportages lus, ou vus à la télé. Presque tous venus d’Extrême-Orient, les massages font accéder à un climat de quiétude réparatrice. Effleurages, pressions, étirements, apposition des mains, de galets, filets d’huile tiède, enveloppement d’herbes rares apaisent les pauvres stressés inquiets, presque toujours urbains. Les nouveaux spas des villes associant esthétique, thérapeutique et ethnologie, promettent une sérénité retrouvée, le temps que deux ou trois bâtonnets d’encens s’échappent en enchanteresses volutes.
Couleurs poudrées

Discrètes, subtilement feutrées, les couleurs “tendance” vont transformer les logis et leurs habitants pendant les prochaines saisons. Témoin, la couleur Pantone « Cloud Dancer » de cette année, qu’accompagnent des souffles rose nuage, de bleu ouaté ou encore de gris mohair. L’envie de douceur se propage aussi aux tissus d’intérieur, aux appareils ménagers, et même aux façades crépies qui profitent d’un ravalement réglementaire pour divorcer d’avec le blanc et le beige, très « vingtième siècle ». Mais plus encore que la douceur des tons, s’impose la douceur écologique. Etoffes 100% coton, bois issus de forêts gérées durablement (Label FSC/PEFC), matières récupérées. L’heure est au Slow design qui encourage une vision à long terme, des réalisations faites main, en matériaux qui encouragent ainsi le développement durable.






