Apparus en France en 2014, les frelons asiatiques (Vespa velutina) inquiètent de plus en plus les apiculteurs. Ces tueurs qui hélas, prolifèrent, se régalent des abeilles et les stressent, qu’elles soient domestiques ou sauvages. Très récemment, Alexandre Giora, ingénieur agronome toulousain, a mis au point un dispositif qui détecte et neutralise ces frelons.

Comment protéger les abeilles tout en ne nuisant pas à la biodiversité ? Tel était l’ambition d’Alexandre Giora. Notons que ce projet a été financé par l’état dans le cadre de « France 2030 ».D’autre part Alexandre a été lauréat du Prix Innovation durable – Concours WeImpact 2025.
Une muselière électrique sélective

On peut être ingénieur et apiculteur à ses heures, n’est-ce-pas ? Devant ses ruches menacées par les frelons, Alexandre a testé tous les systèmes possibles pour les éliminer. Il avoue en avoir capturé des milliers, mais en dépit de ses efforts, ses abeilles étaient trop affaiblies pour passer l’hiver. Naît alors son projet qui porte le joli nom de « God save the bee ».
« Je me suis alors plongé dans la recherche et j’ai commencé à échanger avec des entomologistes spécialistes du frelon asiatique. Le constat est sans appel : il est là depuis vingt ans, et on ne l’éradiquera plus. Il faut désormais apprendre à vivre avec lui » explique Alexandre. Il poursuit « Détruire les nids reste la meilleure méthode pour réduire la pression à grande échelle. Cependant, à l’échelle du rucher, il fallait trouver un moyen de protéger les abeilles sans nécessairement chercher à éliminer le prédateur, puisque la bataille semblait perdue d’avance ».
Réduire le stress des abeilles
Contrairement au frelon européen, nos abeilles n’ont pas encore développé de stratégie efficace pour se défendre contre l’espèce asiatique. Le temps qu’elles s’adaptent, il fallait leur donner un coup de pouce. L’enjeu n’est donc pas de tuer ou de piéger les frelons, mais de permettre aux abeilles de continuer à travailler même en présence du danger. D’ailleurs, plusieurs études montrent que maintenir le frelon à quelques dizaines de centimètres de la planche d’envol réduit drastiquement le stress et améliore la survie des colonies.

L’intelligence artificielle au service des abeilles
L’idée de God Save The Bee (GSTB) : une muselière électrifiée autonome et alimentée à l’énergie solaire. Un dispositif inspiré à la fois de la muselière traditionnelle et de la harpe électrique, mais plus sélectif, plus efficace et surtout sans entretien. Sa particularité ? Elle ne s’électrifie que lorsqu’un frelon est détecté, grâce à un système de caméra et de capteurs sonores capables de reconnaître sa silhouette et son bourdonnement caractéristiques. Ainsi, aucun risque pour les abeilles : le dispositif reste neutre le reste du temps et n’intervient que lorsque la menace est réellement présente. En résumé, l’objectif n’est pas de déclarer la guerre au frelon, mais simplement de redonner un peu de sérénité aux abeilles. Elles peuvent alors faire leur travail et produire ce qu’on leur demande (miel, pollen, cire, propolis, gelée royale)… pendant que nous, on range enfin la raquette !

Un engagement environnemental fort

L’approche de « God save the bee » est simple : protéger le vivant sans ajouter de pollution ni de surconsommation. Le dispositif est fabriqué à partir de matériaux durables (bois, composants électroniques limités au strict nécessaire). Il fonctionne en autonomie complète, alimenté par un petit panneau solaire sans branchement électrique. Un système de détection conçu pour offrir un bon compromis entre précision, robustesse et frugalité énergétique.
Prix d’une muselière : 50€.





