Et si les zombies, sorcières et squelettes n’étaient finalement pas si effrayants ? Chaque automne, ils débarquent dans nos salons et nos écoles, transformant la peur en éclats de rire. Derrière les citrouilles grimaçantes, c’est souvent la curiosité et l’imaginaire qui gagnent. Et tant mieux !

Quand les monstres deviennent des alliés
Il fut un temps où un simple navet creusé suffisait à faire trembler les enfants d’Irlande. Aujourd’hui, il a laissé sa place à la citrouille, plus dodue, plus orange et surtout bien plus photogénique. Halloween, c’est un peu la fête du “rien n’est grave”. On s’amuse avec ce qui faisait peur avant-hier.
Nos petits découvrent les squelettes en plastique qui ricanent à chaque passage, les sorcières au nez crochu et les araignées géantes qu’on finit par ranger dans le placard… mais pas trop loin, juste au cas où ! Le monde des peurs devient un terrain de jeu, et nos enfants s’y promènent sans cauchemars.
Le pouvoir apaisant du rire
J’ai toujours été fascinée par cette étrange magie : celle qui transforme la terreur en fou rire. Je me souviens encore d’un squelette suspendu dans notre entrée, il y a près de trente ans, offert à l’occasion d’Halloween par mes beaux-parents. Il s’agitait en couinant dès qu’un petit passait devant. Mes jumeaux, pas encore âgés de trois ans, en riaient aux larmes !
Aucune sorcière ne les a jamais empêchés de dormir. Comme si le fait d’apprivoiser les monstres, d’en rire ensemble, effaçait les peurs avant qu’elles ne s’installent. C’est là tout le secret : voir, comprendre, nommer… et pouf, la peur se dissout.
Les livres d’Halloween : petits outils pour grandes émotions
Les lectures de circonstance ont ce pouvoir merveilleux d’apprivoiser l’inconnu. À l’école comme à la maison, les albums d’Halloween s’invitent chaque année. Pas pour effrayer, mais pour apprivoiser.
Le dernier en date, signé Larousse Jeunesse, en est un parfait exemple. On y rencontre un zombie pas si inquiétant, qui devient même l’ami d’une héroïne dont le prénom demeure mystérieux et de Léo, son fidèle copain. Ensemble, ils vivent une aventure rythmée par les citrouilles et les monstres aux dents pointues.
Sous les rires, le message est clair : la différence, l’amitié, la solidarité. Autant de valeurs qui font grandir nos petits lecteurs.
Lire pour mieux comprendre ses peurs

Ces histoires ne sont pas que des distractions sucrées. Elles ouvrent un espace sûr, où les émotions se disent sans jugement. Peur du noir ? On allume la lampe citrouille. Araignée qui pend au plafond ? On lui trouve un prénom rigolo.
Pour autant, rien n’est jamais acquis. Lorsque nous vivions en Guyane, Wallis-Sixtine, pourtant bercée à deux pas d’une matoutou bien réelle, était encore l’an dernier en Alsace, terrorisée par une grosse araignée velue en plastique avec laquelle son frère de 7 ans, la poursuivait à travers l’appartement.
Le livre devient alors une passerelle entre le réel et l’imaginaire. Il transforme la peur en confiance, la nuit en aventure.
Et si on célébrait nos petits zombies ?
Halloween, au fond, n’est pas qu’une affaire de bonbons. C’est une école d’émotions. Lire des histoires de monstres, de sorcières et de fantômes, c’est apprendre à ne plus craindre ce qu’on ne comprend pas.
Alors, la prochaine fois que votre salon se remplit de rires et de citrouilles grimaçantes, souvenez-vous : vous êtes en train d’offrir à vos enfants bien plus qu’une soirée de sucreries. Vous leur offrez le courage de rire face à leurs peurs. Et ça, c’est terriblement magique.
Zombie, mon nouvel ami, 40 pages, 10€99 chez Larousse jeunesse. Par Alice Turquois. Les illustrations sont sympathiques et efficaces par Camille Roy.
Article écrit par une maman qui n’a plus peur des zombies… mais toujours un peu des lessives du lundi.






