Ingrédient chouchou mais fort coûteux des parfumeurs, l’iris entre avec plus ou moins de parcimonie dans maintes compositions olfactives. Il insuffle aux jus une indéniable et subtile richesse.

Coté parfum, bien que les fleurs exhalent de délicieuses notes à la fois vertes et lactées, c’est leur rhizomes qui sont utilisés. D’abord pelés et lavés, puis séchés au soleil ou à four modéré pendant deux ans, ils prennent alors une odeur proche de la violette, grâce à des cétones particulières, les iromes. La distillation dans des alambics spéciaux à haute colonne de rectification donne une concrète contenant de l’acide myristique. Mais cette longue préparation à un coût excessif, puisque le rendement des rhizomes pulvérisés n’atteint que 0,2 à 0,4 %.
Des notes douces aux accents de violette


Sylvaine Delacourte, auteure de nombreuses créations pour Guerlain, rappelle que l’origine de l’appellation « notes poudrées » en parfumerie vient que les premières poudres de riz étaient parfumées à l’iris. Tout comme les gants d’ailleurs. L’odeur de ce “beurre d’iris”, poudrée, fine, puissante, boisée, tenace a le pouvoir de conférer du chic et de l’élégance aux parfums. Fleurons de cet ingrédient, le N°5 de Chanel, et surtout le N°19, ce fleuri-boisé-chypré pour lequel Jacques Polge l’a associé à de la rose de Grasse et au néroli. Pour Serge Lutens, l’iris « évoque l’ancienne parfumerie, où la poudre de rhizome d’iris parfumait les armoires ». Parmi les parfums BDK, marque créée par David Benedek, l’iris entre dans la composition de Gris Charnel, composé par Mathilde Bijaoui. Dans cet oriental épicé, la clarté poudrée de l’absolu d’iris défie la ténébreuse huile essentielle de ciste.
Dans la composition florale de Flower Ikebana Indigo by Kenzo, imaginée par Ane Ayo et Florian Gallo, l’iris dévoile son pouvoir addictif à travers ses notes poudrées et boisées.
Aussi discret qu’ensorcelant


L’iris a le pouvoir d’arrondir et d’adoucir des notes qui, trop vives, écraseraient plus que ne domineraient un parfum. Le velouté délicat des pétales demeure un fidèle reflet de la richesse poudrée des rhizomes de l’iris. A l’ère de la polysensorialité, rien d’étonnant alors à ce que cette plante de charme redevienne presque omniprésente dans la parfumerie.






