De la Montagne Noire au Pays des Bastides, en passant par la vallée du Tarn, le département du Tarn est à découvrir en « escargotant » (escargoter = lézarder). Moins connu que les villes aux monuments célèbres, le plateau granitique des Sidobre aux gigantesques rochers plus ou moins en équilibre, et l’abbaye-école de Sorrèze. Au sein de son musée, Sorrèze expose les tapisseries du peintre-cartonnier Dom Robert (Guy de Chaunac Lanzac – (1907-1997).

Des tapisseries que le studio de création de la Maison Pierre Frey a fidèlement transposé en un épais jacquard ainsi que des tapis. De quoi être « espanté ! » (espanté = être étonné en pays de Cocagne).
Des animaux, des fleurs, des scènes champêtres de style naïf… Les œuvres de Dom Robert, tissées à Aubusson offrent la retranscription d’une nature foisonnante, fraîche, colorée, comme vue à travers les yeux d’enfants. Ce moine bénédictin a dessiné toute sa vie, dans l’abbaye d’En Calcat, à Dourgne, à dix kilomètres de Sorrèze. On peut revivre ce qui a inspiré ce moine en parcourant le joli sentier appelé « Sur les pas de Dom Robert, un parcours de douze kilomètres pour redécouvrir la biodiversité de la Montagne Noire.

A noter que dans le cadre de la réouverture de la cathédrale Notre-Dame, le musée Dom Robert prête une tapisserie « Laudes », un somptueux semis d’ombelles, évoquant la prière monastique du matin…
Un succès fulgurant

Devenu moine en 1930, puis prêtre en 1937, Dom Robert n’avait de cesse de croquer faune, flore et aussi scènes monastiques. En 1941, après sa rencontre avec Jean Lurçat, sa carrière artistique prend une ampleur inattendue. Lurçat décèle immédiatement dans les dessins de Dom Robert un merveilleux potentiel. Il l’incite donc à explorer l’art de la tapisserie. Le moine-artiste crée alors sa première tapisserie en 1941 avec les ateliers Tabard à Aubusson. Il ne s’arrêtera qu’à sa mort, une cinquantaine d’années plus tard. Son œuvre prolifique rencontre un très grand succès. Il devient virtuose dans l’art d’assembler les couleurs. Il travaille encore et encore les mêmes sujets avec le dessein de peindre au plus juste l’incroyable beauté de la création.
Pierre Frey, à son tour nous émerveille
Inspiré par la pièce magistrale de Dom Robert « Le soleil pour témoin », le studio de création de la Maison Pierre Frey a conçu un épais jacquard. Il est fidèle à l’esprit de l’œuvre originale. Par ailleurs, un tapis tufté main mêlant bouclette et velours de laine d’une exceptionnelle précision. Tirée de la série des « Arbres aux oiseaux », la tapisserie « Californie », tissée en 1958 a également nourri l’équipe créative de Pierre Frey. Recomposée en tapis tufté main, elle conserve la vitalité du trait de l’artiste et permet de contempler ad libitum l’extraordinaire beauté de l’œuvre de Dom Robert.







