Ces derniers jours plus précisément depuis la rentrée des classes 2024, vous avez été très nombreux sur nos réseaux sociaux à me poser des questions sur ce que représentait la » Schultüte ». Ce cornet multicolore qu’Ennéa-Lou porte à bout de bras, le matin de la rentrée des classes est en fait un trésor !

Si son cornet paraît plus grand qu’elle, ce n’est pas en raison de sa petite taille ! La Schultüte est gigantesque.
D’où vient donc cette jolie habitude que vivent tous les petits écoliers germaniques une seule fois dans leur vie ?
Je me propose d’essayer de vous raconter les origines de la Schultüte qui nous vient d’Allemagne.
C’est parce que nous vivons très proche de la frontière à Colmar , et que mes enfants fréquentent une école bilingue. Allons en français, qu’ils ont en cours préparatoire la chance de pouvoir vivre cette journée particulière.

Une tradition qui date du XIXe siècle :
Depuis à peu près 1810, les écoliers allemands viennent le premier jour de l’école avec leurs Schultüten.
Mais ce n’est pas n’importe quel premier jour d’école, c’est uniquement le premier jour du cours préparatoire.
Lorsque j’étais enfant, je vivais en Picardie. Le jour de mon entrée au cours préparatoire, ma mère, allemande, m’avait raconté qu’en principe la Schultüte tout comme le premier cartable, était offerte par la marraine de l’enfant.
J’ai donc reçu mon premier cartable jaune avec un chien bleu dessus par ma marraine, allemande. J’ai d’ailleurs détesté ce cartable car il était totalement différent des cartables qu’avaient reçus tous les petits cours préparatoires de mon école.
Il n’avait que des bretelles et pas d’anse qui aurait permis de le porter à la main. Tout cela pour le bien être de l’enfant évidemment. Porter sur le dos plutôt que de se démettre l’épaule en trainant à la main un sac trop lourd ! Inutile de vous faire un dessin. Ce n’est pas ainsi que je voyais ma rentrée. D’autant qu’il existe un avant à ce cartable très traumatisant aux yeux de l’enfant que j’étais. (si vraiment vous insitez, je vous raconterai l’histoire !).
Impossible donc de le tenir dans les rangs autrement que sur le dos. Et c’était interdit , je ne savais donc jamais que faire avec mon cartable lorsque je me trouvais dans les rangs.

Les parents racontaient aux enfants que dans le jardin du maître d’école poussait un arbre. Quand les Schultüten qui poussaient étaient assez grandes, il était temps pour les enfants entrent à l’école primaire.
Une autre variante qui figure dans un livre allemand dit que cet arbre poussait dans la cave du maître, et que celui-ci cueillait les Schultüten quand les élèves avaient bien travaillé.
Il s’agit du livre : « Zuckertütenbuch für alle Kinder, die zum ersten Mal in die Schule gehen », de Moritz Heger, paru en 1852.
En Allemagne, la Maternelle (Kindergarten) ne fait pas partie de l’école. Le Kindergarten est un lieu qui dispose d’une classe unique où les enfants jouent ensemble. Ils y apprennent le vivre ensemble avec d’autres enfants. Peut-être une conséquence du faible taux de natalité en Allemagne, les enfants ont encore plus besoin d’apprendre ce « vivre ensemble » avec d’autres enfants de leur âge. C’est une supposition !
Il n’existe pas en Allemagne d’apprentissage avec un programme fixe comme en France durant les années précédant le cours préparatoire. La Schultüte marque donc le début de la vie « sérieuse » des enfants. Ils commencent réellement à travailler. Soit les parents l’achètent soit Schultüte est fabriquée au Kindergarten. Et c’est ce qu’Ennéa-Lou a pu faire dans sa classe de grande section avec sa maîtresse tout comme ses autres camarades. Elle est donc revenue début juillet, le jour des grandes vacances, avec sa Schultüte parfaitement décorée, vide, à la maison. Nous l’avons religieusement conservée au-dessus d’une grande armoire, afin que sa petite sœur qui entrait en petite section avant-hier, ne l’abîme pas.
Je l’ai remplie en cachette, la nuit, sur plusieurs jours. Je crois même qu’Ennéa-Lou se rendait compte que la Schultüte se remplissait mais cela faisait partie du jeu. Elle n’est pas montée sur un escabeau pour farfouiller dedans avant lundi matin.
Il existe des régions d’Allemagne ou la « Schultüte » s’appelle « Zuckertüte ». C’est un indice de ce qui se trouve dedans puisque Zucker signifie sucre. Bien entendu que les écoliers trouvent dans ce cornet mystère des sucreries, en autres.
Si au début, c’était les parrains et marraines qui remplissaient les Schultüten, aujourd’hui ce sont plutôt les parents qui les remplissent. Mais ceux qui suivent, jevouschouchoute sur nos réseaux sociaux ont pu voir qu’Ennéa-Lou a reçu un très joli colis, surprise, plein de licornes de sa marraine, trois jours avant la rentrée des classes.
Mais que faut-il mettre dans la Schultüte ?
Vous y mettez en fonction de vos goûts et de ceux de vos enfants, des sucreries. Bien entendu, elles sont inévitables. Mais vous pouvez également mettre des petits cadeaux en rapport avec l’école. Des gommes amusantes, des crayons fantaisistes, des surligneurs aux couleurs inhabituelles, des autocollants, des étiquettes ludiques, un petit bloc de coloriage… En gros un petit rajout à la liste de fournitures parfois très conventionnelle. Chacun connaît le goût de ses enfants et nous avons mis ce que Chouquette aime . Comme par exemple une parure brillante de bijoux sirène. Attention de ne pas exagérer, ce n’est pas un anniversaire.
Il existe même une recette de gâteau Schultüten-cake très joliment décoré. Il est couvert soit de fraises et autres fruits encore présents dans les potagers début septembre soit de bonbons Haribo.
Par souci de tranquillité je pense, la maîtresse a entendu 16h pour autoriser les enfants à déballer leur cornet surprise. Ainsi les enfants pour certains ont vu et pu partager leur butin avec les autres enfants. Toutefois ils sont rapidement rentrés à la maison et cela n’a pas semé la zizanie en classe.
Merci à l’école Wickram (Colmar).






