Selon les générations, certain.e.s ont connu et appris les vers des célèbres fables de Jean de la Fontaine dès le cours élémentaire, d’autres… plus tard. Des fables que Fabrice Luchini électrise dans son spectacle « La Fontaine et le confinement ». Dans son ouvrage « La tortue court plus vite que le lièvre », paru tout récemment aux éditions Le Relié, Patrick Lemoine, psychiatre et docteur en neurosciences décrypte trente-sept fables à l’aide de l’éthologie.

Le sous-titre de l’ouvrage « Jean de la Fontaine a-t-il raison » éclaircit le but de l’auteur. En analysant les fables avec humour, Patrick Lemoine vise à déterminer l’exactitude sociologique du fabuliste. Alors, oui, La Fontaine, très inspiré par le maître grec d’origine phrygienne Ésope a bien composé une œuvre remarquable. Mais ses fables où les animaux sont mis en scène pour mieux nous parler, humains que nous sommes, sont-elles crédibles côté éthologie ? La tortue court-elle vraiment plus vite que le lièvre ?
« Je me sers d’animaux pour instruire les hommes… »

Le message du poète est clair. Son but est d’éduquer les hommes et les enfants en particulier en les amusant. Patrick Lemoine nous rappelle d’ailleurs dans sa préface que le premier recueil des fables était destiné à divertir le petit dauphin de France. Revenons à nos moutons, ou plutôt à la vitesse de déplacement d’une tortue terrestre et de celle d’un lièvre. Au mieux, et si elle est motivée, une tortue peut atteindre 250 mètres à l’heure. Pourchassé, un lièvre peut faire des sauts de trois à quatre mètres.
Que dit le texte ? « Notre lièvre n’avait que quatre pas à faire… ». « La discussion repose sur la distance que les animaux ont à parcourir. Si on prend la fable au pied de la lettre, la tortue est capable de parcourir la distance en peu de temps. En revanche, si le « quatre pas » est une métaphore, la question devient impossible à résoudre sur le plan mathématique » explique Patrick Lemoine.
Alors, vrai ou faux ?

Pour les 37 fables examinées par l’auteur, La Fontaine a-t-il eu tort ou raison au sujet des animaux mis en scène ? Parmi les conclusions, citons que certains animaux sont parfois menteurs y compris les corbeaux et les renards. En revanche, les animaux ne se vexent pas (cf : le lion et le moucheron). Au total, le fabuliste a raison dans 17 fables, tort dans 5, et à la fois raison et tort dans 12. Si l’on considère que les 12 fois où il a raison et tort sont neutres, il reste que le poète a raison 17 fois sur 23. Un livre passionnant. L’occasion de découvrir ou de relire, certaines fables, souvent oubliées.
ISBN : 978-2-35490-322-0
16,90€
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