Après Barcelone et son marathon au soleil, j’ai voulu goûter la neige et le verglas lors de la Sainté Lyon 1/2

Encore une belle aventure de course à pied, mais pas que… Oui, parce que la Saintélyon est une course un peu particulière. Pour les novices, il s’agit de la doyenne des courses natures … Née en 1951 sous l’impulsion de cyclistes en mal d’activité lorsque l’hiver fut venu, elle prit tout d’abord la forme d’une randonnée pédestre organisée sur 2 jours en alternance de Saint Etienne à Lyon et inversement. Initialement sur route goudronnée, les concurrents étaient disqualifiés s’ils se mettaient à courir….

Sainte Lyon
 
Progressivement, cette jolie course s’allonge, s’accélère, et son tracé emprunte de plus en plus de chemins. Elle devient une course nature pour les traileurs, un trail pour les routards, voire même un ultra-trail pour les pistards… 😂. En toute objectivité, il s’agit actuellement d’une course de 78 km avec 70% de chemins, dont la majorité est peu technique mais qui comprennent quand même quelques difficultés, allant plutôt croissant avec les années.
Ça a l’air facile comme ça ? Ce que je ne vous ai pas dit, c’est que le départ est donné à 23h30, à la toute fin du mois de novembre, ou au début du mois de décembre…. Et oui, c’est là qu’elle est, la difficulté de la Saintélyon.
Ce qui serait une belle balade de jour sous le soleil devient une aventure épique de nuit, presque toujours sous des conditions météorologiques….au mieux très fraîches et au pire carrément dantesques !
Pourquoi je me suis inscrite ? Honnêtement, je ne sais pas. 3 semaines après le marathon de Barcelone, et pour une première participation, je ne me fixais pas d’objectif chronométrique, mais je savais que je pourrais bénéficier de ma grosse prépa et donc ne pas trop partir en touriste… En faisant joyeusement abstraction du fait que j’excluais d’office toute notion de travail spécifique en excentrique, et que je m’offrais donc aux vautours (enfin, plus précisément, je balançais avec mépris mes quadriceps à la merci des lésions musculaires violentes qui ne devraient pas manquer d’apparaître assez rapidement suite aux premières descentes….)

I – Prologue

Là, en principe, je devrais parler de ma préparation, mais comme stipulé juste au dessus, et bien il n’y en a pas eu, si ce n’est ma préparation pour le marathon de Barcelone ! Plusieurs semaines à 115km, un marathon couru en 3h17, une semaine de relatif repos et quelques séances de seuil dans les 3 semaines d’intervalle, je me suis quand même payé le luxe de ne pas faire la séance de piste du jeudi précédant la course…. Je vais donc faire un point rapide sur mon équipement (pour la bagatelle de 500 euros, heureusement que ce sont des choses que je vais réutiliser….) !

Pour de multiples raisons, j’ai choisi :

– un collant long et une seconde peau Kalenji « temps frais », très peu épais donc ;
– une veste légère Kalenji « temps frais », peu épaisse aussi, juste pour faire office de deuxième couche. J’ai toujours chaud en courant et je ne veux pas être obligée d’enlever une couche en pleine course !
– un pantalon imperméable de trail Kalenji. Celui-là, il a fait débat, on m’a dit que ce serait gênant, mais en définitive, je le recommande ! Il est non seulement imperméable mais également très respirant, à ne pas porter jambes nues par contre. C’était un confort physique ET psychologique : non seulement je n’ai pas été mouillée, mais en plus je savais qu’en cas de chute, j’étais un peu mieux protégée et que je ne serais pas trempée… Et quant au fait d’avoir trop chaud, et bien je pense qu’il faut vraiment courir très vite ou être trop couvert du haut pour transpirer des jambes quand il fait -5… À bon entendeur !
– une veste imperméable raidlight, qui a très bien fait le job, et qui fait preuve d’une belle respirabilité également. Ne lui manque qu’une poche intérieure à la poitrine, mais on ne peut pas tout avoir, et elle est très légère ;
– une frontale Petzl (900 RL) et sa batterie de rechange, hors de prix il faut bien le dire, mais c’est obligatoire… Et deux petites lumières de vélo Decathlon, au cas où je me trouve en panne de lumière sans avoir le courage de changer la batterie sous la pluie, ou même pour dépanner un éventuel coureur nécessiteux sur le chemin.
Pour la petite histoire, ma maman était avec moi sur cette course puisqu’il s’agit de cadeaux qu’elle m’a fait quand elle a appris que je courais la nuit quand j’étais étudiante… 🙂
– un sac de trail Kalenji et sa poche à eau d’1,5L, cadeau de mon papa il y a 6 ans…. Il a fait le job encore quelques km, mais bientôt il faudra que je songe à le changer !
– mes chaussettes préférées LCF 😍 ;
– un bandeau Gore qui couvre les oreilles, ne prend pas l’eau, mais me permet d’ajuster ma température en mettant ou enlevant la capuche de ma veste… Parce que oui, on se refroidit très vite par les extrémités, et c’est donc super pratique de réguler sa température en pouvant les couvrir ou découvrir facilement !
– des gants légers odlo avec une membrane déperlante « moufle » amovible, même commentaire que supra …
– gants de rechange, bonnet de rechange, couverture de survie, au cas où, spoiler je n’ai même pas eu l’idée de les sortir du sac quand fut venu le moment où je me suis trouvée inévitablement mouillée ;
– des chaussures de trail brooks cascadia toutes neuves , ne faites jamais ça ! Une sombre histoire de chaussures de route parfaites que je voulais absolument utiliser, de prévisions météo très favorables qui se sont dégradées, de sentiers plus secs que jamais, et de neige qui s’est invitée.
La conjoncture météoro-mentalo-conseild’amigo-psychotique m’a donc conduite à acheter mercredi soir pour samedi une paire de chaussures de trail, oui oui farpaitement messieurs dames, lucky me je comptabilise un total de zéro ampoule, zéro échauffement, zéro blessure, mais s’il vous plaît, ne reproduisez pas cela chez vous et éloignez vos enfants de l’écran ;
– quelques chaufferettes. Et ça n’a pas eu de prix, ce confort absolu de pouvoir les tenir dans mes mains lorsque ces dernières commençaient à refroidir, et les glisser dans mes poches quand j’avais un peu chaud : mon syndrome de Raynaud m’a remerciée ;
– un litre de solution de réhydratation isotonique dans ma poche à eau, ça m’a tenu les 30 premiers km et je pense que ça a joué un grand rôle dans la survie de mon tube digestif sur cette course ;
– des électrolytes TA energy en tablettes effervescentes, jamais testées avant la course non plus, mais j’avais vraiment peur de l’ischémie digestive qui est mon point faible sur la longue distance, et qui ont parfaitement rempli leur rôle. Honnêtement, même si je déteste le goût de ce genre de choses, le fait de savoir que ça allait me permettre de finir la course, et bien ça fait passer n’importe quel goût pas top !! J’ai même l’impression que mon corps sait que ça va me faire du bien …
– deux flasques de 500 et 250 ml à faire remplir d’eau au ravito, en glissant une demi pastille TA dans la grande ;
– des barres de dattes aptonia (deux salées, deux bananes ), deux compotes aptonia, deux barres salées baouw abricot protéines de chanvre (les seules qui passent , mais elles passent bien et la compo est top !), une barre Clif banane chocolat peanut butter, pour le moralex …c’est le snickers du sportif !
Je voulais avoir le choix de mes ravitos, pour me permettre de prendre ce dont j’aurai envie. Spoiler alert, j’ai consommé mes barres au début par « obligation » avant de me tourner vers ce que j’ai trouvé sur les ravitos, et vous verrez, le corps peut avoir des envies…surprenantes ! La barre Clif moralex est à ce jour retournée dans mon placard… Même pas eu besoin !
– des yaktrax, prêtées par mon super collègue Chris. J’aurais dû les utiliser…..

II – H – 15

À 8h30 du matin, je me rends à la Halle Tony Garnier avec un double objectif : récupérer mon dossard, mais surtout encourager mon copain hamster qui part sur la Lyonsaintélyon, cette grande « kermesse » de l’ultra comme l’a qualifiée le king des influenceurs trail, et double tenant du titre, Casquette Verte (hashtag groupie). C’est chose faite à 9h quand je vois mon pote partir bille en tête pour rallier Saint Etienne avant de repartir vers Lyon en même temps que moi ce soir …
Je vais ensuite récupérer mon dossard, mon bracelet « Performance » (celui là je l’aime, c’est mon ticket pour ne pas attendre sous la pluie/neige ou dans le froid et quand même partir en prem’s !), et dépenser tout mon argent en t-shirts Douzaleur (cadeaux de Noël, c’est même pas pour moi !), buff collector Asics (si vous passez par là, vous avez abusé sur le prix les cocos , mais ils étaient si beaux…..), et barres Clif en promo…
Je repars ensuite direction mon lit, pour une sieste d’une heure trente et les derniers préparatifs, à savoir mon sac contenant ma tenue de rechange pour l’arrivée, de quoi prendre une douche, des victuailles….
Une fois réveillée, je prépare des sandwichs pain de mie sans croute (oui, mon estomac sensible ne voulait que du tout mou) /carré frais 0%/jambon de dinde (mon végétarisme sacrifié à l’autel de la nutrition et de la digestibilité…
Je reprendrai après la course, et spoiler, mon cerveau m’a commandé de manger encore pire passé le 30eme km dans la neige !), et je file attraper mon tram direction La Part Dieu pour rejoindre Saint Etienne en train, et oui je me suis épargnée les navettes et l’attente interminable au Parc des Expositions entourée des milliers de coureurs dormant sur leur tapis de sol….

III – H-2

Sainté Lyon

J’arrive donc à 21h45, sous une belle neige, au Parc des Expositions où je retrouve mes copains Patrick et Farid, qui s’engagent dans la même connerie (oups, barrez ce texte, il faut dire aventure). Je fais également la connaissance de Song, qui est dans mon club d’athlé, d’un groupe différent !
On rigole, on s’équipe, je convaincs Patrick de mettre son pantalon imper en échange d’un petit écolier que j’accepte de bon cœur, en supplément ma barre Clif Blueberry crisp … Moralex on a dit !
Je m’équipe, file aux toilettes (première fois de ma vie qu’il n’y a pas de queue pour les toilettes des filles alors que celles des garçons affichent une attente qui se comptent en dizaine de minutes…. Et oui, ce type de course est très très loin d’avoir atteint la parité…
J’en profite car sur le trajet, l’avantage va s’inverser au profit de ceux qui n’auront pas à exposer leurs fesses délicates au froid polaire pour soulager leur vessie !).
Nous allons déposer nos sacs à la consigne, et là… Je perds mon Pat ! Je ne le retrouverai pas avant le départ, et c’est maintenant, à 20 minutes du départ, que commence ma course en solitaire. Je me bats avec ma chasuble dossard que je glisse finalement sous mon sac, pour des raisons évidentes de praticité, et je joue des coudes jusqu’à l’accès du sas performance, dans lequel je me place avec bonheur…

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