Militaire, martial, majestueux … à l’Hôtel national des Invalides

Jusqu’au jeudi 26 août inclus, la Nuit aux Invalides célèbre le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte (1769-1821), premier empereur des Français du 18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars au 22 juin 1815. «Napoléon… L’envol de l’Aigle», nouveau spectacle de 50 minutes créé par Bruno Seillier (Amaclio Productions) lie le récit de sa vie à celle de l’Hôtel national des Invalides.

Invalides

DE QUOI S’AGIT-IL ?

D’un spectacle immersif, de projections sur les trois façades de la cour d’honneur des Invalides (100m x 64m environ) selon la technique dite du mapping vidéo. Cette projection architecturale appelée aussi fresque lumineuse est une technologie multimédia qui permet de projeter non seulement de la lumière ou des vidéos sur des volumes, mais aussi de recréer des images de grande taille sur des structures en relief, comme aux Invalides, avec les œils-de-bœuf, les portiques, les arcades, les fenêtres, les balcons, les colonnes. On peut ainsi dire que les visuels ‘’collent’’ aux façades, comme une seconde peau. Elles épousent volumes et reliefs des cadrans solaires, méridiennes, et sculptures des frontons. Les statues s’animent, les portes et les fenêtres bougent. Le statique devient vivant.

MONUMENTS SACRÉS :

André Malraux, ministre des Affaires culturelles (1959-1969) sous la présidence du Général était conscient de la nécessité de sauvegarder le patrimoine architectural français. Ses paroles résonnent ainsi dans la cour d’honneur : « C’est pour cela que nous voulons les (NDRL : les monuments) sauver ; non pour la curiosité ou l’admiration, non négligeable d’ailleurs, des touristes, mais pour l’émotion des enfants que l’on y tient par la main. […] Puissions-nous faire que tous les enfants de France comprennent un jour que ces pierres encore vivantes leur appartiennent à la condition de les aimer. »

La technologie permet désormais de faire aimer à tous, petits et grands, ces murs enchantés que l’on regarde différemment une fois qu’ils sont illuminés.

« Je ne veux pas écraser le monument sous les coups d’une virtualisation artificielle et fugace. Au contraire je veux que la puissance de la technologie permette au monument de respirer, de changer d’atours et qu’un dialogue s’instaure avec lui, argumente Bruno Seillier, le créateur du spectacle. Susciter dans le cœur du spectateur, plus qu’une émotion ou un plaisir fugace, une admiration, un émerveillement, préludes à un dialogue intérieur ».

PASSÉ SUBLIMÉ :

L’histoire démarre par la pose de la première pierre de cet immense complexe architectural conçu par Libéral Bruand et Jules Hardouin-Mansart, construit entre 1671 et 1674 à la demande de Louis XIV. Par l’ordonnance de février 1670, complétée par l’édit d’avril 1674, le Roi Soleil décide l’édification d’« un hostel royal pour y loger tous les officiers et soldats tant estropiés que vieux et caduques » ayant dignement servi la France. Les tableaux s’enchaînent alors, reprenant toute la trame de départ de la version 2019, « Lutèce, 3000 ans d’histoires »Invalides

ÉPOPÉE NAPOLÉONIENNE JUSQU’ AUX INVALIDES :

70% de scènes nouvelles sont annoncées par la production. Elles concernent évidemment le personnage-clé, Napoléon, qu’on découvre sacré empereur des Français dans le célèbre tableau peint de Jacques-Louis David exposé au Musée du Louvre. De la Corse à Austerlitz, des pyramides de Guizèh en Egypte à ses champs de batailles européens, sa vie défile en images. Le spectacle célèbre aussi celui qui a modernisé l’administration et les institutions, celui qui a fondé l’Ordre national de la Légion d’Honneur (1802) et l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1802), celui qui a promulgué le Code civil des Français (1804) et engrangé des victoires miliaires, Austerlitz (1805), Iéna (1806), Wagram (1809).

C’est lui aussi qui a fait construire l’Arc de Triomphe de l’Étoile (1806). Son épopée se poursuit : campagne de Russie avec neige et vent qui semblent envahir la cour d’honneur, épisode des Cent Jours, exil sur l’île de Sainte-Hélène pour finalement se terminer par le rapatriement de son corps (Retour des Cendres) aux Invalides, en 1840, où il repose à jamais.

XXe SIÈCLE :

La troisième partie du spectacle reprend les grandes lignes de « Lutèce, 3000 ans d’histoires ». La Belle Epoque, avec ses flonflons, sa musique entrainante et gaie qui change des champs de bataille napoléoniens et prussiens (1870). Mais malheureusement, une nouvelle fois encore, on entend le bruit des bottes allemandes. Le tocsin sonne par deux fois : 1914, 1939. Les morts s’morcellent dans les tranchées, en mer, sur terre, dans les airs. Les bruits des mitraillettes et des bombes glacent le public. De Londres, vient un appel, celui d’un général dont le nom semble prédestiné à guider le destin des Français : de Gaulle. Son appel du 18 juin 1940 n’ayant jamais été enregistré, c’est sa voix du 22 juin qui résonne dans le public. Paris est libérée par la 2e division blindée du général Leclerc. Et la France retrouve à sa légèreté d’être. Enfin.

L’avis de JVC :

La voix profonde d’André Dussolier qui déclame les textes est d’une perfection absolue. Rauque quand il le faut, lyrique quand la situation l’exige. Les voix de Céline Duhamel et Jean-Philippe Puymartin pimentent également le récit.

Le texte de Bruno Seillier est très littéraire, parfois abscons et faisant référence à des événements très pointus que les profanes ne connaissent pas forcément. Il faut s’accrocher pour ne pas décrocher. Pas sûr que les adolescents y parviennent. Les enfants aimeront sans doute les images, les lasers et la musique. Un bon spectacle assurément. Mais trop touffu et généraliste à notre goût.

Un vœu pieu ? Celui que le prochain spectacle Amaclio soit celui de la renaissance, de la gaieté, de la douceur et de l’espérance. La vie, l’amour, la joie et non plus les guerres.

EN CHIFFRES

70% de nouvelles scènes (vers Lutèce, 2000 ans d’histoire).
Temps de production : 6 mois, 10 infographistes à temps plein.
5000m² de projections.
18 vidéos projecteurs 4K.

INFOS PRATIQUES :

Napoléon… L’envol de l’Aigle

PASS SANITAIRE OBLIGATOIRE
Jusqu’au jeudi 26 août 2021
Lieu de l’événement : Cour d’honneur et Dôme
Esplanade des Invalides, 129 rue de Grenelle, PARIS 7e
Métros : Invalides, Varennes, La Tour-Maubourg.

Horaire : 22h30 en juillet – 22h en août
Arrivez une heure en avance (contrôle du passe sanitaire + billets + s’installer).

Conditions d’accès :
Catégorie Or (sur chaise): 25€ en ligne, 27€ sur place
Catégorie 2 (assis par terre): 18€ en ligne, 20€ sur place
Moins de dix ans : 5€ en ligne, 7€ sur place
Tarif réduit : 15€ en ligne, 17€ sur place

Conditions pour l’application du tarif réduit :
• enfants et jeunes entre 10 et 25 ans
• étudiants (sur présentation de la carte étudiante en cours de validité)
• personnes handicapées et leur accompagnant (sur présentation de la carte)
• personnes en recherche d’emploi ou bénéficiaires du RSA (sur présentation d’un justificatif)

 

Visite nocturne du Dôme des Invalides :Invalides

Supplément : 9€.

L’église du Dôme est un lieu étonnant au cœur des Invalides : chapelle sous la monarchie puis temple de Mars sous la Révolution, elle sert de Panthéon militaire depuis Napoléon.
Prolongez votre soirée par une promenade nocturne dans la dernière demeure de l’Aigle. Scénographié par Bruno Seillier, ce parcours poétique et féérique vous emmène à la rencontre des sentinelles du tombeau de l’Empereur : Vauban, Lyautey et Foch, l’Aiglon et bien d’autres sous la coupole emblématique des Invalides.

TEASER

 

 

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