Entre couleur et matière : l’expo insolite et séduisante des œuvres de Marie-Claire Monnier

 « Nommer une couleur, c’est désigner un concept. Nous ne pouvons ni percevoir, ni imaginer, du rouge, du bleu ou du jaune en soi. La couleur perçue est plus ou moins mate ou brillante, transparente ou opaque. Elle dépend de la nature du support, lisse ou rugueux par exemple,… des couleurs qui l’entourent et de la manière dont la surface réfléchit la lumière. Le noir perçu ou imaginé dépend des mêmes données » écrivit Michèle Pichon, dans le  « Journal du site de Pierre Soulages ».matière
 

Percevoir une couleur, c’est donc percevoir une matière.

 
Marie-Claire Monnier est une artiste française. Après avoir étudié aux Beaux Arts de Nantes, elle devient journaliste de mode à Paris. Et elle voyage beaucoup, autant grâce à son métier que par passion. Cette bourlingueuse née parcourt le monde comme un étudiant tout juste évadé du cocon familial. En s’émerveillant devant chaque paysage, en échangeant paroles et émotions avec les habitants, en gardant en mémoire les moindres détails. Elle s’imprègne des ambiances et des cultures rencontrées au cours de ses périples. Cet émerveillement, nous le retrouvons dans son travail plastique. L’architecture est également l’une de ses grande source d’inspiration. Attentive aux matériaux, à la fluidité des espaces, elle apprécie le travail de Le Corbuier, Gropius, et de Mies van der Rohe. Cette fervente adepte de l’art brutaliste aime le béton brut, le plâtre rugueux, le bois aux nœuds improbables. A partir de 2010 elle s’oriente davantage vers la matière.matière
 

Retranscrire un parcours de vie

 
La vie étant rarement un long fleuve tranquille, elle retranscrit ses expériences sur « la matière couchée ». De la douceur soyeuse  du goudron à la râpeuse et presque agressive surface du ciment mal taloché. Les matières, elle les travaille de façon organique, instinctive. Elle les « fatigue » dirait l’incandescente Christine Nagel, parfumeur et directeur de la création et du patrimoine olfactif d’Hermès Parfums qui confesse « percevoir les odeurs en textures ». La création devient thérapie pour Marie-Claire. Elle lui permet de surmonter la maladie. Bref de vivre, tout simplement. Longtemps, elle a gardé secrètes ces traces du temps incertain où tout peut vaciller d’un matin à l’autre. Maintenant elle ose les montrer avec sourire et optimisme.
 

Noir, blanc, bleu…matière

 
 
Troublant, le noir cerne, grandit, démultiplie. Baroque, il arrête le regard comme le chat noir dont on ne voit que les yeux” affirmait Sonia Rykiel, prêtresse du noir depuis toujours. Marie-Claire a toujours aimé le noir. Son premier appartement, elle le peint entièrement en noir. Influencée par Serge Gainsbourg ? On ne sait. Mais par Soulages et Tapiès sûrement. Elle l’avoue d’ailleurs. Comme Soulages, elle trouve le noir une couleur lumineuse. « Le pot avec lequel je peins est noir. Mais c’est la lumière, diffusée par reflets, qui importe » dit ce peintre centenaire, toujours au travail. « J’aime l’autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité (…) Le noir a des possibilités insoupçonnées », poursuit-il. Pour Marie-Claire le noir fait partie de sa résurrection, tout comme le blanc solaire et le bleu qu’elle associe à l’océan
Matière
A voir  jusqu’au 31 juillet dans le si joli lieu d’exposition « La Maison »
13 Villa Sadi Carnot – 75009 Paris.   

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