Le TDA associé aux troubles du sommeil à l’adolescence

Il est médicalement affirmé que la majorité des enfants souffrant d’un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité) sont confrontés à des difficultés de sommeil. C’est d’autant plus problématique que le manque de sommeil accroît inévitablement les symptômes du trouble.sommeil tdah

Un enfant sur quatre aurait des difficultés de sommeil. Je ne parle pas ici du temps d’endormissement parfois allongé à cause des écrans, de l’énervement du soir ou autres raisons. Chez les enfants atteints d’un TDAH, cette statistique grimpe en flèche. Mais je ne connais pas le TDAH comme je cotoie le TDA depuis plusieurs années.

Effets des nuits trop courtes et perturbées :

Lorsque notre fils diagnostiqué il y a 3 ans comme souffrant d’un TDA sans hyperactivité, manque particulièrement de sommeil, les effets de son « handicap » sont décuplés.

Sa capacité à se concentrer sans traitement chimique en est grandement affectée. Mais pas seulement. En effet, d’autres fonctions comme l’éveil ou l’autocontrôle sont remplacées ces jours là par de l’impulsivité. Pas d’hyperactivité chez lui pour autant mais cela ne fait pas partie de son tableau clinique.

Nous avons tenté la méthode du neurofeedback pendant plusieurs mois. Cette technique de soin nous provient du Canada où les recherches scientifiques me semblent très en avance sur la France. Ce fut hélas sans grand succès. Plus exactement, je dirais que les effets se faisaient sentir durant la période des séances mais ils ont cessés rapidement après l’arrêt des séances. Notons que le thérapeute avait estimé que l’enfant avait suivi suffisasemment de séances pour poursuivre son évolution seul. Je n’ai pas souvenir d’un effet notable sur la qualité de son sommeil même durant les 6 mois qu’ont duré les séances de neurofeedback.

Un sommeil perturbé

La France n’est pas particulièrement avancée dans ses recherches sur le TDAH et encore moins selon mes observations sur le TDA.

Les spécialistes partagent leur opinion en écrivant pour les uns que 25 à 50% des enfants TDAH souffriraient de troubles du sommeil alors que pour les autres cette valeur atteindrait même  90 % !

Comment se manifeste généralement le trouble du sommeil ? 

Chez notre fils, j’ai constaté à la fois un sommeil fragmenté car je sais qu’il passe dans la cuisine durant la nuit. Il se plaint de difficultés d’endormissement. Il peut se réveiller à 4h du matin comme à midi. Probablement les jours où il s’est déjà une fois levé à 4h !!!

Cela peut aussi se manifester chez lui par des cauchemars. Chez certains enfants, les spécialistes rapportent le somnambulisme, les terreurs nocturnes, parfois des troubles respiratoires ou apnées du sommeil.

Chez nous, il est fréquent que je le vois somnoler durant la journée surtout si son attention n’est pas stimulée ou s’il n’est pas supporté par le traitement chimique habituel. Par exemple les week-end.

La médecine évoque des troubles que je ne connais pas comme le syndrome des jambes sans repos (sensation de picotement et gêne au niveau des membres inférieurs) ou des mouvements périodiques du sommeil (séries de mouvements involontaires).

Des pistes de raisons :

Chez l’enfant qui souffre d’un TDA sans hyperactivité, je pencherai pour l’anxiété. Anxiété même qui peut être accrue par le traitement prescrit et pris. Cela fait partie des potentiels effets secondaires inscrits sur la notice.

Par ailleurs, chez l’enfant souffrant d’hyperactivité, cette dernière peut donc induire des pensées qui viennent troubler la sérénité d’une bonne nuit de sommeil.

Horloge interne réglée différemment ?

Certains médecins pensent que les enfants souffrant de TDAH ont des rythmes circadiens irréguliers. Ils auraient donc une horloge biologique réglée différemment. Cette horloge étant principalement régit par la luminosité, il y aurait moins de TDAH dans les régions du globe les plus gâtées en soleil.

Cela ne se vérifie pas chez nous puisque pas la première mais la deuxième année de présence dans le Pacifique a au contraire été marquée par une augmentation des dérèglements en la matière.

Je me pose donc la question si la mélatonine en supplémentation pourrait améliorer ces troubles du sommeil.

Quant à l’exposition en soirée à la lumière bleue des écrans, notre enfant n’y est pas sujet ne disposant ni de téléphone ni de tablette à volonté. Bien sur, s’il peut en chaparder une, il ne s’en prive pas… mais c’est assez rare pour ne pas entrer en ligne de compte.

Favoriser un meilleur sommeil :

Il semble donc qu’il n’y ait ni raison unique ni exacte mais il est indispensable de l’avis général d’adopter une bonne routine et des habitudes de sommeil saines. Cela concerne  particulièrement les enfants souffrant de TDA(H).

  1. Se coucher et se lever à des heures régulières permet d’avoir son compte d’heures de sommeil nécessaires en fonction de son âge. Pas d’écran le soir, une lumière plus faible, le bain ou la douche selon l’âge et les goûts de l’enfant. Tout ce qui peut contribuer à ce qu’il dorme le nombre d’heures nécessaires selon son âge. La musique doit être calme, il se brosse les dents, on lui lit une histoire s’il est encore jeune. Mais comme vous n’allez pas lire une histoire à un ado, jetez un oeil sur ses lectures 🙁 Les romans policiers ne sont peut-être pas l’idéal. Comme nous parlions plus haut d’horloge biologique, chaque enfant n’a pas forcément le même rythme de sommeil. Un peu de souplesse sur les horaires peut aider.
  2. Le dîner doit être léger. Eviter le burger-frites est relativement facile tant que l’ado vit à la maison mais planquer chocolat et boissons sucrées gazeuses après l’heure du goûter est nettement moins évident.
  3. Faire en sorte que nos enfants ne regardent ni la télé ni les tablettes dans leur lit puisque cela perturbe l’endormissement.. C’est nié leur ruse et notre côté « vieux cons ». Moi j’y croyais jusqu’à ce que je retrouve la Nintendo sous le lit et autres réjouissances. Ne comptez pas sur l’honnêteté d’un (pré)-ado c’est beaucoup trop aléatoire. Allez, ça peut marcher jusqu’à 8 ans max.
  4. Fraîcheur, calme sont à privilégier mais même ça on l’a dans le Pacifique (grâce à la clim) et ça ne suffit pas.
  5. Poursuivre ce qui est parfois proposé dès l’école maternelle en métropole, des séances de yoga pour enfants.  Je ne l’ai pas fait et je le regrette surtout avec un enfant contemplatif qui répond quand on lui demande quel sport il souhaiterait pratiquer, les échecs. Différentes techniques de respiration peuvent aider sur le long terme. S’il en constate les bienfaits, il apprendra à mieux respirer lorsqu’il ressentira le besoin de se calmer.
  6. Faire du sport durant la journée. Alors là encore, je n’ai pas de solution pour mon ado qui me voit pourtant m’agiter deux heures par jour. Lui n’en ressent ni le besoin ni l’envie. Ah si, il faudrait que je l’emmène nager à l’îlot tous les après midi !
  7. Week end et jours fériés sont un poison. Ils cassent le rythme qu’on tente avec persévérance d’établir. Alors encore une fois, à part les nuits à l’îlot …. Méfiez-vous particulièrement des soirées pyjama chez les copains….Le mien mais juste le mien (hein) faisait des nuits blanches. Evidemment que ce ne sont pas les parents du copain qui vont lui faire la leçon ou faire la police !

Légitimité du diagnostic du TDA(H) :

On reproche aux critères pour identifier le TDAH de manquer de scientificité. C’est le diagnostic pédiatrique le plus controversé de la littérature médicale. Vous trouverez sur le blog Maman pour la vie, des articles très documentés sur le sujet. Par exemple sur le fait qu’il n’existe toujours pas de preuve que ces symptômes, si répandus dans notre société, soient effectivement le résultat d’un déséquilibre chimique du cerveau et, donc, une maladie héréditaire, une condition dont on ne se débarrasse jamais. En cas de besoin de diagnostic, adressez-vous à un neuropédiatre exerçant aussi en milieu hospitalier. Ils sont en principe les seuls avec les pédopsychiatre à pouvoir prescrire et renouveler annuellement l’ordonnance du traitement chimique.

Pour autant TDA et TDAH figurent dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), qu’on appelle la « bible » des psychiatres.

Par ailleurs si certains médecins et psychologues ont constaté comme moi un changement positif avéré voire radicale suite à la médicamentation, d’autres répondent que si la médicalisation fait une différence, ce ne serait qu’à court terme. C’est effectivement ce qu’a souligné l’étude MTA (Multimodal Treatment of ADHA), pour laquelle on a suivi 579 enfants de 7 à 9,9 ans pendant 8 ans : l’efficacité de la médication s’estompe après 14 mois, et elle est nulle après 3 ans.

Nous sommes personnellement arrivés à cette date fatidique des trois ans. Celle-ci arrive en pleine adolescence avec en plus la mise en place depuis un an d’un traitement pour retard de croissance. Clairement depuis quelques mois, le comportement de notre enfant a changé. Il ne travaille plus vraiment à l’école. Mais surtout il me semble avoir perdu cette curiosité intellectuelle même s’il garde une mémoire colossale pour ce qui l’intéresse réellement. Reste à savoir si c’est en rapport avec les limites du traitement ou son âge « ingrat ». Les mois à venir nous le dirons, je pense.

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