A la découverte des fruits du tamanu, des fetau aux colliers de perles ! 1/2

Quand nous sommes arrivés à Wallis il y a plus d’un an maintenant, notre première difficulté fut de fuir les moustiques. En effet, c’était le mois de janvier, période de cyclones, humide et chaude. Déjà que cette météo est propice à la multiplication des moustiques mais comme nous arrivions direct de Marseille avec notre peau tendre à piquer, ce fut un véritable festival. Nos répulsifs de métropole n’étaient que peu efficaces. Quelques personnes bienveillantes déjà au fait des mœurs des insectes locaux, nous ont apporté une huile miraculeuse. Elle allait soulager nos démangeaisons (e Malia e !) et aider à la cicatrisation. L’huile de tamanu aux mille vertus médicinales venait de faire son entrée dans notre quotidien familial. Ce n’est que quelques semaines plus tard, que j’allais découvrir que les fruits du tamanu appelés fetau avaient à Wallis d’autres utilisations.fetau

Le fruit du tamanu :

Ce mot du Pacifique « Tamanu » désigne l’espèce de l’arbre Takamaka. A l’origine son nom botanique barbare et imprononçable est Calophyllum inophyllum.

La Polynésie s’attribue l’origine de cet arbre. Je ne saurai affirmer où il poussa en premier ! Les fruits du tamanu sont appelés à Wallis et Futuna, des Fetau, prononcé fétaou à la française.

Ce sont des boules de la taille d’une noix, un peu plus petites qu’une balle de ping pong.

La première et principale utilisation de ces fetau est d’en extraire l’amande à l’intérieur pour obtenir de cette “huile sacrée”.

L’huile de tamanu :

D’après mes observations, peu de personnes fabriquent à Wallis leur huile de tamanu. C’est plutôt l’huile de coco qui est produite pour des usages personnels. Elle est parfumée aux fleurs locales et particulièrement l’ylang ylang.

Quelques femmes des associations d’artisanat local vendent leurs bouteilles d’huile parfumée mais cela reste à l’échelle du territoire. Rien n’est exporté contrairement à l’huile de monoï, fabriquée en Polynésie. fetau tamanu

Cette huile de tamanu s’extrait par pression à froid. Dans certaines îles, elle est extraite à chaud, cela en change probablement les propriétés.

Phénomène de mode occidental ?

Depuis quelques années ou même quelques mois, des marques de cosmétique occidentales utilisent l’huile de tamanu pour ses vertus cicatrisantes dans des soins du corps solaires par exemple. Klorane est la première marque du groupe Pierre Fabre que j’ai vue mettre en avant cette composition. Impossible pourtant de tester leur huile depuis Wallis. Il ne s’en vend pas ici bien évidemment et Klorane a refusé de m’en envoyer au motif que leurs produits sont réservés aux médias à grands tirages ou forte visibilité. J’avais été surprise lors de leur envoi du dossier de presse de constater que le tamanu bio, premier ingrédient de la composition, n’avait même pas droit de photo sur le packaging.

C’est en observant l’impact de la pollution sur les lagons que KLORANE a repensé sa gamme solaire. Des formules plus respectueuses de la biodiversité marine et des actions pérennes pour dépolluer un lagon de Polynésie avec Klorane Botanical Foundation.

La gamme inspirée des secrets de beauté des tahitiennes est une routine complète de soins capillaires, corps et visage. 11 références au Monoï de Tahiti AO (de 0,3 à 1%) et à l’huile de Tamanu BIO.

Les fetau à Wallis :

Les fetau, fruits du tamanu sont lorsqu’elles tombent de l’arbre, semblables à des noix sphériques vertes. A maturité, elles prennent une teinte jaune beige. C’est en les laissant ensuite sécher au soleil qu’elles brunissent. C’est alors qu’on les presse afin d’en extraire l’huile de couleur jaune/ocre/verdâtre. L’odeur de cette huile vierge diffuse une odeur assez forte, pour ne pas dire malodorante.

tamanu

@Alain Ruotolo

A Wallis, nous utilisons cette huile en application locale sur la peau. Elle soulage la douleur liée aux coups de soleil, aux brûlures non infectées et surtout aux piqûres de moustiques. Lorsqu’Ennéa-Lou est arrivée ici avec ses problèmes d’eczéma, son parrain, une sommité locale, m’a conseillé d’appliquer aussi l’huile de tamanu dessus. Elle n’avait que quelques mois et je n’ai pas osé tout de suite. Comme méfiante des huiles essentielles, je redoutais une réaction disproportionnée. Pourtant un peu plus tard j’ai pu constater que cette huile soignait aussi les dermatoses comme l’eczéma ou l’urticaire. Elle accélère aussi la cicatrisation des plaies d’origine trophique type ulcère chroniques, plaies variqueuses, fissures…

Un remède presque miracle :

Les principales propriétés de l’huile de tamanu sont donc : anti bactérienne, anti inflammatoire, apaisante, cicatrisante, régénérante, anti rhumatismale.

Elle a un effet anti bactérien notamment sur les bactéries Gram+ et les bactéries en cause dans l’acné. En massage, elle soulage aussi les articulations douloureuses ou les tendinites, entorses, claquages. Attention elle est très concentrée puisque pure, il est donc recommandé de la diluer avec une autre huile végétale (20% maximum de tamanu).

L’effet que nous constatons le plus c’est l’arrêt immédiat des démangeaisons suite aux piqûres de moustiques.

Effet indésirable : cette huile est légèrement rubéfiante c’est à dire qu’elle chauffe la peau et peut parfois irriter les peaux sensibles.

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