Wallis et Futuna pionnier dans le monde avec la première «quatorzaine flottante»

Ce fut sur « Le Lapérouse », yacht de croisière de la compagnie Ponant que Wallis et Futuna s’est lancé non sans mures réflexions dans la mise en pratique de la première quatorzaine flottante. Lors de la première rotation partie de Nouméa, le 8 mai 2020, Le Lapérouse a rapatrié quelques 107 résidents wallisiens et futuniens de Nouvelle Calédonie vers le fenua.quatorzaine

Un dispositif inédit :

Le Ponant battant pavillon français et immatriculé à Wallis et Futuna est certainement le lieu le plus original dans lequel femmes, homme et enfants auront à la fois été rapatriés et en même temps auront pu effectuer une quatorzaine dont ils se souviendront, gageons, toute leur vie !

Seul territoire français jusqu’ici épargné totalement par le coronavirus, Wallis et Futuna s’était en quelque sorte « coupé du reste du monde » depuis l’arrivée du dernier vol en provenance de Nouméa le 16 mars 2020.

 Depuis, plus aucun passager n’avait pu fouler le sol wallisien. Futuna avait été tout particulièrement protégé aussi dès cette date en raison notamment de l’absence d’installations sanitaires nécessaires en cas de déclaration de cas de coronavirus.
Des centaines de ses résidents se sont donc retrouvés bloqués hors du territoire. En métropole bien entendu mais aussi simplement en Nouvelle Calédonie.


Il faut savoir que les résidents de Wallis et Futuna font régulièrement “la navette” entre Wallis et Nouméa. Aussi surprenant que cela puisse paraître en raison de 2 h30 d’avion qui séparent les deux îles. 

Printemps 2020 :

Dans le monde entier, des hôtels furent durant les mois de mars et avril 2020, réquisitionnés pour servir de quatorzaine à des personnes suspectées ou atteintes de la covid-19.
L’administration, les rois et les chefs coutumiers de Wallis et Futuna ont choisi de passer par la mer pour s’ouvrir avec une grande prudence au reste du monde. La collectivité territoriale française tient à rester la « terre de France sans coronavirus ». Le nombre de résidents désireux de rentrer au fenua (environ 300) était tel qu’au regard des disponibilités terrestres, des risques encourus et aux habitudes de la population, cette île a opté pour deux quatorzaines flottantes dans l’Océan Pacifique. En parallèle, certaines personnes non éligibles à un retour par voie maritime pour raisons de santé ou les parents de trop jeunes enfants, ont pu effectuer ce temps de “pause” dans un hôtel face au lagon avec un encadrement attentionné.

Les chemins de traverses :

Le paquebot a bien fait sa quatorzaine en 2 semaines au lieu de cinq jours pour parcourir les 2 400 kilomètres qui séparent à vol d’oiseau, ces deux territoires français.

Ce fut donc l’occasion pour les passagers de cette croisière atypique d’effectuer un petit cabotage le long de Maré ( îles Loyautés) pour leur permettre un petit moment de “croisière”. Ils ont longé les côtes des îles Fidji au cinquième jour pour finalement arriver au sixième jour dans le lagon après avoir fait un petit détour par Alofi.

La météo fut bonne même si le vent 25/30 nds et la houle ont donné du boyau à retordre à certains polynésiens peu marins dans l’âme.

Lorsque le spectacle ne se passe pas dehors, l’organisation diffuse films et VOD disponibles sur réseau bord. Chaque jour, les passagers ont pu réviser leurs classiques Disney. De quoi ouvrir ensuite la discussion  sur les tenues de Cendrillon ou la stratégie de Bambi:-))

Les occupants ont aussi assisté à la diffusion de vidéos de bord comme la visite des cuisines/préparation du packaging “Wallis opération”, la salle des machines, le film “GAGNER LE LARGE” sur la croisière des 30 ans de PONANT, avec de belles images de Wallis pendant l’escale d’il y a deux ans (du 24 septembre au 6 octobre 2018).

Des conditions sanitaires fragiles :

L’arrivée de la covid-19 serait assurément dévastatrice pour les îles. D’une part le plateau sanitaire de l’archipel n’est pas équipé pour un tel assaut et d’autre part la population qui compte plus de 70% d’habitants confrontés à l’obésité, au diabète et aux maladies cardiovasculaires, est fortement à risque.
Un seul médecin réanimateur exerce à l’hôpital de Sia pour 11 800 habitants. Il travaille de concert avec sept médecins spécialistes sur l’archipel. Cette situation de fragilité sanitaire accentue les peurs. Après de longues hésitations et refus d’autres solutions, celle de la quatorzaine flottante a mis l’ensemble des plaideurs d’accord.
 

Pas de Covid-19 à bord & un service au top :

Les 92 cabines du Lapérouse ont servi de chambres de quatorzaine.  Pour une capacité d’accueil allant jusqu’à 120 passagers, 107 sont montés à bord. Se sont ajoutés la centaine de membres d’équipages au grand complet, même des artistes. Ceux qui habituellement ont en charge de produire les spectacles lors de croisières. Il y avait aussi un service d’ordre rassurant pour tous, comprenant un capitaine de Police, quatre gardes territoriaux et deux chefs de village.

Seules les personnes testées négatives ( test PCR) à la covid-19, ont embarqué dans le navire au départ de la Nouvelle Calédonie. Toutefois au cas où le virus aurait eu la mauvaise idée de se déclarer durant la quatorzaine, tout était prévu. Infrastructures sanitaires et une équipe médicale en mesure de rapatrier à terre le patient infecté. Rien absolument, n’a été laissé au hasard.

Pour communiquer avec leurs familles, les occupants du Lapérouse disposent chacun de 4 heures d’internet par jour. Le pacha du navire a en effet pris sur sa propre bande passante. Ils ont des téléphones en cabines pour appeler soit le personnel soit les autres passagers.

En ce qui concerne les repas qui sont une occupation majeure dans une telle situation. Le petit déjeuner est servi à 7 heures, en cabine tout comme les autres repas et collation de la journée. Déjeuner à midi, dîner à 19h et même un goûter vers 15h qui n’est pas réservé aux moins de 7 ans !

Les menus sont apparemment plus que variés et délicieux. Le choix se fait entre des menus poisson, viande ou végétarien pour assurer à tous une satisfaction quotidienne.

Chaque cabine est équipée d’un balcon qui permet selon l’orientation du bateau de découvrir tantôt les côtes des îles tantôt la faune aquatique.

Tout le monde participe :

Les occupants des cabines ont en charge leur ménage quotidien. Ils sortent pour prendre leurs plateaux repas et les déposent à nouveau quand ils ont terminé.

Le suivi relationnel se fait aussi via les réseaux sociaux, story et selfies.

Arrivés à bon port :

 A l’arrivée à Mata Utu tous les passagers seront à nouveau soumis à des examens médicaux. Seuls les négatifs au Covid-19 seront autorisés à débarquer.
Le Lapérouse a été inauguré le 10 juillet 2018 en Islande, il est le premier des six navires de la gamme Ponant Explores.

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