L’histoire de ” River ” ou comment se sortir de l’inextricable de façon remarquable

Univers à la fois poétique, inattendu, captivant et totalement désorientant. Enora m’a semblé troublée tout au long de sa lecture. Elle n’a même pas dix ans mais a dévoré ce dernier roman de Claire Castillon en quelques heures de l’après midi. River lui a plu. Elle n’a pas eu le sentiment de lire une histoire pour ado car elle a cette sensibilité qui permet de comprendre la fragilité de la narratrice. Je dirai même des narratrices après avoir moi même lu le livre. C’est relativement rare que je prenne le temps de lire un des romans d’ado qui arrivent à la maison. Et bien c’est Enora qui a titillé ma curiosité et m’a donné l’envie de lâcher ce que j’avais à faire pour me plonger un bout de ma journée dans le quotidien de River et Stella.

    Nous avons donc toutes les deux beaucoup accroché avec la plume de Claire Castillon.

River

River est une jeune fille différente. En effet, elle a 14 ans, jusque là rien de spécial mais son quotidien n’a rien d’ordinaire.

L’héroïne du roman est donc une adolescente mais une ado harcelée au collège, et pas qu’un peu ! Alanka le principal responsable de la bande ne lui laisse aucun répit. Même si River , racontée par sa soeur aînée, supporte cette cruauté. Si elle endure ses sévices c’est qu’elle n’est pas une fille ordinaire… Au fil des pages, le lecteur entre dans cette famille atypique, blessée, au secret lourd. Une mère très aimante mais des parents souvent dépassés par la situation qui ne tourne pas vraiment rond.

Les sentiments d’Enora :

Cette histoire m’a rendue très triste durant la lecture. Mais je suis très fière d’elle car River réussit à se défendre mentalement. Et évidemment la fin heureuse me remplit de joie.

C’est ainsi qu’amour, sensibilité, espoir mais aussi cruauté, froideur et ignorance se mêlent dans cette aventure.

Même si je n’avais pas décelé le dénouement, j’avais pourtant deviné que River s’en sortirait. 

Entre les lignes de ce roman, il faut comprendre que nous sommes tous égaux, qu’il ne faut pas se laisser faire et accepter l’inacceptable. Il existe toujours une solution alors ne pas hésiter à se confier à un adulte. 

Nous avons aussi adoré la couverture illustrée par Emmanuel Polanco !

Un extrait :

« Boulet, sangsue, poids mort, pot de colle, River est tout cela à la fois. Les parents lui répètent qu’elle est exceptionnelle, que tous ensemble – tous, ça veut dire eux, les six thérapeutes, elle et moi –, on va trouver le chemin idéal vers son épanouissement. Mais moi, je sais que personne n’y croit. On l’améliore, c’est tout. On voudrait obtenir l’enfant parfait, mais la vérité, on la connaît : River ne sera jamais comme moi. »

River en quatrième de couverture :

River, c’est ma sœur. Ma soeur en moche, ma soeur en noir, ma soeur qui n’a rien à voir avec moi. On partage la même chambre, on respire le même air, mais je la plains et je m’en veux. Elle m’adore et je la comprends. Je suis la fille idéale de nos parents. Elle, comment dire… Vous connaissez le vilain petit canard ? C’est comme un boulet. Ma mère lutte. On en est à six thérapeutes par semaine. On voudrait tous qu’un jour elle se sente à l’aise en société. Dans la famille, ça va. Mais au collège ? Qu’est-ce qui se passe dans la cour avec les autres ? Je veille. Je suis la lumière au fond d’elle. Un jour, je l’éclairerai si fort qu’on prendra feu ensemble afin de former un seul et même être. Idéal.

Un roman psychologique intense sur une ado “différente” harcelée au collège. Et bien plus que cela : Claire Castillon sait comme personne nous emmener où elle veut, nous fourvoyer pour mieux nous surprendre et nous toucher.

River, aux éditions Gallimard Scripto, 10€50 / 192 pages / dès 13 ans mais Enora, 10 ans a adoré malgré les passages difficiles et le sujet triste en partie.

Cette vidéo de l’auteure est très révélatrice. Tout ce que j’invente est réel….Comme la présence de Stella auprès de River.

Claire Castillon aime beaucoup le silence et le vide. Quand elle ne gravit pas une montagne, elle vit en lisière de forêt et promène son chien aux oreilles aussi longues que celles de Dumbo. C’est peut-être cette bizarrerie qu’elle aime le plus chez son chien. Ses personnages aussi ont des différences. Une jambe trop courte, un cœur trop gros, une âme fendue. Elle aime les inviter à se réfugier dans ses romans. Quand elle n’écrit pas, elle note les mots d’enfant de sa fille. On ne sait jamais, ils pourraient faire un titre !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.