Dans le Cotentin, au cœur d’un terroir à la fois souriant et chahuté par le vent, se niche un jardin remarquable. Son nom : Vauville. Et le nom de la famille qui l’aime, l’enrichit et l’entretient par tous les temps : Pellerin. Si ce nom ne vous éclaire pas, sachez que feu Guillaume Pellerin fut l’époux de Cléophée de Turckheim. C’est actuellement Eric, leur fils qui poursuit l’embellissement de cette éden inattendu. En compagnie de Guillaume de Lestrange.
Créé en 1948 par un parfumeur-voyageur
Initié par Eric Pellerin (parfumeur et père de Guillaume) et son épouse Nicole en 1948, ce jardin botanique s’étend sur cinq hectares. Entre vallons sauvages et plage blonde, les Pellerin ont apprivoisé plus de 1500 espèces originaires de l’hémisphère austral. Elles poussent, et se multiplient, protégées des agressifs vents d’ouest par des paravents végétaux vivaces et denses. Le plus souvent des haies de bambous. Là où paissaient vaches et roussins (moutons locaux), arbres et plantes, choyés par trois générations de passionnés évoluent naturellement, sans produits chimiques. Ce jardin, inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1992, a été classé « Jardin Remarquable » en 2004. Depuis 2018, il est membre de NGCI (Botanic Gardens Conservation International) et bientôt de la Royal Horticultural Society. Des distinctions plus que méritées, qui récompensent un travail assidu.
Voyage sous les tropiques
Le jardin se distingue par sa luxuriante collection d’arbres et plantes rares. La majorité à feuillage persistant.
Ici une palmeraie plantée sur 5000m2 surplombe la mer. Là, de grands cyprès de Lambert et des eucalyptus. Plus loin, comme dans une forêt spontanée, de petites clairières abritent pieris, hydrangeas, phormiums tenax, callistemons… Tous de différentes hauteurs, avec des feuillages et des fleurs aux couleurs variées. En cheminant sur les sentiers sinueux, on arrive à un ancien abreuvoir destiné jadis aux animaux. Transformé en bassin d’ornement, il reflète dans ses eaux calmes dianellas, ophiopogons, protégés par l’ombre des figuiers et des eucalyptus. A l’horizon, la silhouette du château sur fond de landes recouvertes de bruyères.
D’autres pépites à explorer dans ce jardin extraordinaire
Le vent fait ramper les arbres avant qu ils relèvent la tête
Bassin des gunéras, voûte bleue, jardin d’eau, chemin des fougères, jardin demi-lune et jardin de la sagesse, allée australe, palmeraie basse… Il faut prendre son temps, flâner, passer et repasser. Essayer de se souvenir des noms des plantes. Impossible; il y en a trop ! Seul, Eric Pellerin les connaît tous, avec pour chacun des plants cités, des anecdotes ou l’évocation d’un joli moment familial. Un fascinant jardin.Sous les immenses feuilles des gunéras
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