Coco Velten, Yes we camp : Marseille pionnier dans le pari de l’hybridité

Oser la cohabitation de métiers et de groupes sociaux. Réunir en un même lieu, ceux qui habituellement ne se rencontrent pas. Des SDF logés aux côtés d’une quarantaine d’associations et d’entreprises dans un Marseille où beaucoup ont du mal à trouver une place. C’est le projet Coco Velten qui sera prochainement inauguré par les hautes personnalités politiques.coco velten

Regrouper dans le même espace lumineux en plein cœur de ville,  un foyer d’accueil de personnes sans-abri et des acteurs de la société civile. Coco Velten est né de la créativité et de la foi en la nature humaine. La Préfecture propose, incite, à déployer dans cette énorme bâtisse de 4.000 m², à deux pas de la gare Saint-Charles, un projet temporaire alliant des fonctions sociales, économiques et culturelles.

Le quartier s’appelle Velten. On y croise aujourd’hui, des ouvriers qui perfectionnent le lieu, des résidents, d’ex-SDF, des “start-uppeurs”, de simples curieux ou ceux qui se disent qu’ils pourraient en prendre de la graine.

Coco Velten ici tout le monde à sa place :

Ici, une jeune architecte qui loue via sa boîte un local à “Coco” depuis janvier. Là, des chercheurs sur le climat attendent avec impatience d’animer un goûter-débat sur le changement climatique avec les résidents de l’immeuble. Plus loin sur le pallier, Yassine prend son café. Le jeune Marocain vivait “entre la rue, chez des amis et un squat” jusqu’à ce que “Coco Velten” lui ouvre ses portes. Mais nous ne sommes pas dans un centre d’hébergement d’urgence. En effet, ici, les résidents ont leur badge pour accéder à l’immeuble. Chacun a sa clé et dispose d’une boîte aux lettres. Le temps de séjour est libre.

Le “lab zéro”, comme “zéro SDF” :

D’ailleurs pour faire une analogie avec l’expérience parisienne des “Grands voisins”, ici à Marseille, tout démarre par un appel à projet de l’Etat. Un laboratoire d’innovation publique, beaucoup de persévérance, un “zeste” de créativité, Coco – un SDF- qui pourrait en être un autre, et aujourd’hui un projet social qui a pris plus que forme. Mieux, Coco Velten sert d’exemple.

Le nécessaire sans faux-semblants :

Ici, les habitants font cuisine, sanitaires et salon communs. Dans chaque chambre, deux lits garnis, des placards en métal, tables et chaises sont en plastique. Pas le temps de repeindre. L’Etat ne prête le bâtiment que pour trois ans, explique Erick-Noël Damagnez, responsable du projet social.

Mais les habitants sont heureux, enfin. Heureux de se sentir chez eux avec des affaires pour eux, un toit, un frigo. Il suffit en effet de connaitre le parcours de la plupart pour comprendre que c’est une évidence.

Ici, les galères semblent bien loin. Se sentir entouré, moins seul, accueilli, tel est un des objectifs de ceux qui donnent une priorité pour les “premières mises à la rue”.

S’impliquer et contribuer au projet global :

Les associations locales d’une part mais aussi les entreprises, artisans, commerçants, habitants, acteurs sociaux, éducatifs et culturels d’autre part, sont attendus afin que toutes les dynamiques existantes des quartiers voisins s’impliquent.

Mais aussi visiteurs, touristes, voyageurs et entrepreneurs attirés par Marseille sont bienvenus.

 “Proposer un parcours fluide de la rue vers le logement durable, qui ne soit plus un parcours du combattant”. Le groupe SOS souhaite en effet arriver à une soixantaine de logements accompagnés en ville.

Que se passe-t-il dès qu’une personne mise à la rue se voit proposer un toit ? A savoir que la préfecture de Marseille annonce 14.000 sans domicile fixe. Ils pourraient être logés ainsi dans des bâtiments publics vides.

La coordonnatrice de Yes We Camp, une association “d’occupation urbaine”, missionnée pour l’animation du lieu, affirme par ailleurs que ce n’est pas une énième structure d’urgence en périphérie.

De nombreux projets en devenir :

La cuisine du restaurant devrait être par exemple confiée à un groupe d’émigrés vénézuéliens qui n’avait pas les moyens d’ouvrir un établissement.

Partenaires : Lab Zéro (laboratoire d’innovation publique territoriale porté par la Préfecture de Région PACA), Groupe SOS et Plateau Urbain

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