Le cauchemar APB

Le cauchemar APB : les résultats, c’est le 8 juin !

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Le 8 juin prochain, les résultats de la fameuse « procédure admission post bac » (APB) vont être publiés. Pour beaucoup d’élèves, ce sera sans doute la fin d’un cauchemar, pour d’autres hélas, tout ne sera pas réglé le soir du 8.

JVC vous livre quelques clés pour réduire le stress !

APB n’est pas un dispositif d’orientation, c’est un portail Internet destiné à enregistrer les choix d’études supérieures (« vœux ») des élèves de Terminale[1]. Cette procédure est source d’une grande tension pour les familles, parce que s’y joue l’orientation de vos enfants dans l’enseignement supérieur. Et les choix sont tellement larges et souvent mal connus des familles, que l’on voudrait avoir droit à l’erreur. Malheureusement, avec APB, ce n’est pas le cas !

APB a fait parler d’elle à la rentrée 2015, logo APB- jvcoù de nombreux problèmes ont été constatés. D’abord, certains étudiants se sont trouvés sans affectation à l’issue de la procédure : plus de 788 000 élèves et étudiants ont exprimé au moins un vœu de candidature sur APB (6,6 en moyenne, le maximum étant de 24). A la fin de la première phase d’admission, le 8 juin, 79 % des candidats avaient accepté une des propositions faites à partir de ces vœux. A l’issue de la procédure complémentaire, en septembre, quelque trois cent étaient restés sans solution. Ensuite, certaines filières ont dû instaurer des tirages au sort faute de capacités d’accueil suffisantes : la médecine (PACES)[2], le droit, le sport (STAPS)[3] et la psychologie.

Plus récemment, l’affaire des étudiants en médecine en Ile de France (Paris, Créteil, Versailles) a suscité beaucoup d’angoisses, la communication du ministère ayant été particulièrement confuse : le journal Le Monde a relayé début mai une information du service chargé de l’affectation des étudiants en première année d’études médicales et odontologiques (Sadep) selon laquelle le Rectorat de Paris aurait, pour la première fois, fixé une capacité d’accueil limitée en Ile-de-France en première année : seuls 7 500 étudiants seraient admis en septembre, alors qu’ils étaient plus de 8 143 en 2015. L’écart par rapport au nombre de places disponibles aurait donc contraint plus de 600 étudiants franciliens souhaitant faire médecine comme premier vœu à se rabattre sur leur second choix après tirage au sort ! Finalement, le secrétaire d’État chargé de l’enseignement supérieur a démenti et  le Rectorat de Paris a confirmé par voie de communiqué que «la première répartition de 7.500 places devrait être suffisante», qu’«elle sera ajustée si nécessaire» et qu’il entendait «éviter le recours au tirage au sort et permettre à tout nouveau bachelier francilien de pouvoir suivre les études de son choix ».

Pour autant, depuis dix ans, la pratique du tirage au sort se répand dans les  licences «à capacité limitée», affichant un nombre maximum de places en première année. Cette pratique bizarre vient du fait qu’en France l’université doit accueillir tous les bacheliers qui le demandent avec interdiction de sélectionner, mais dans certaines filières ont sait que l’on ne peut pas accueillir tout le monde, soit parce que les locaux ne permettent pas d’assoir tous les étudiants, soit parce que leur taux de réussite serait trop faible, ce qui est le cas en médecine où existe un « numerus clausus », qui restreint le nombre de candidats qui peuvent accéder au titre de médecin.

Des ajustements ont été mis en place à la rentrée 2016 afin d’éviter ces tensions, mais ils renforcent le caractère très contraignant du système et ne garantissent pas que tous les candidats auront une formation conforme à leur souhait. Dans certaines filières, où le nombre de candidats est supérieur aux capacités d’accueil, les élèves formulent des « vœux groupés » pour un ensemble d’universités plutôt que pour l’une d’entre elles. logo-apb- jvc -ORIENTATIONAutrement dit, un candidat parisien qui veut faire du droit doit demander l’ensemble des universités de la région Ile-de-France dans ses vœux. Si l’Université d’Assas est son premier choix, il peut être automatiquement affecté à l’Université d’Orsay (Essonne) ou à Cergy-Pontoise. De même, les candidats ne peuvent plus demander seulement des inscriptions en filières sélectives, telles que des classes préparatoires aux grandes écoles ou des BTS. Désormais, ils doivent tous formuler au moins un vœu dans une filière dite « libre » c’est-à-dire non sélective.

Autre difficulté : toutes les formations ne sont pas présentes sur APB. Par exemple Sciences Po Paris en est exclue. Dans ce cas il devient encore plus difficile de jongler entre la procédure d’entrée dans la formation hors APB et la procédure APB : si je n’ai pas le concours de Sciences Po, il faut que je me rabatte sur une formation proposée sur APB, ou pire, si je veux en priorité une formation présente sur APB mais qu’à tout hasard, je passe le concours de Sciences Po, que répondre à ma première proposition sur APB ?

Il en va de même pour les études à l’étranger, qui sont de plus en plus prisées par les élèves. Il faut alors faire en parallèle les démarches à l’étranger et suivre la procédure APB.

Sur son site, le ministère estime fièrement qu’APB permet d’aider les élèves à s’orienter. En effet, le candidat peut demander une aide en ligne lorsqu’il a une hésitation. Mais ce système est très pauvre et ne permet pas une vraie discussion sur le projet, les compétences et les possibilités de l’élève, tout ce qui fait une orientation réussie.

Les professeurs principaux ont fait de leur mieux en 2016 pour accompagner les élèves dans leurs choix : ils ont désormais accès aux vœux formulés par leurs élèves sur APB. Mais ils sont insuffisamment formés pour l’orientation : ce n’est pas leur métier ! Et les spécialistes de l’orientation au lycée (les « conseillers d’orientation-psychologues ») sont trop peu nombreux et pas toujours assez bien informés pour aider utilement les élèves et leurs familles.

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Les élèves de terminale font donc des choix d’orientation qui engagent leur avenir sur la base d’informations incomplètes, souvent à partir « d’ouï-dire » ou de rumeurs (« il faut avoir 15 de moyenne générale pour entrer dans cette prépa », « il vaut mieux faire un DUT qu’un BTS »…). Il existe même des familles qui paient des conseillers privés pour les aider à faire les choix d’orientation de leurs enfants et à remplir les dossiers pour APB !

Et APB ne donne guère le droit à l’erreur : lorsque l’élève a obtenu son premier choix par exemple, il ne peut pas postuler sur ce qu’il a classé en deuxième vœu, alors même que son projet professionnel ou ses appétences ont pu évoluer ou que ses résultats le conduisent à reconsidérer ses vœux. Le site Internet APB l’expose très clairement : « En effet, lorsqu’une proposition d’admission vous est faite, cela annule définitivement TOUS les vœux de rang inférieur (puisque vous avez obtenu un vœu que vous avez mieux classé). Il n’est plus possible au moment où vous recevez une proposition d’admission de modifier l’ordre de vos vœux».

[1] Le portail recense plus de 12000 formations sur l’ensemble des académies : toutes les licences, les DUT, les CPGE, les BTS, près de 300 écoles d’ingénieurs publiques et privées, 50 écoles de commerce, 6 écoles supérieures d’art et les 20 écoles nationales supérieures d’architecture..

[2] Première année commune aux études de santé

[3] Sciences et techniques des activités physiques et sportives

Chimène pour JVC

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