charbon
C'est Tout Moi

JVC est allé au charbon…2/3

copyright Frédérique Lebel
copyright Frédérique Lebel
Non pas « allé au charbon » au sens d’avoir du accomplir une tache pénible et désagréable, mais allé vraiment découvrir ce monde de la mine, des terrils, des corons, des estaminets. Un moment d’émotion.
Au nord, c’étaient les corons 
La terre c’était le charbon 
Le ciel c’était l’horizon 
Les hommes des mineurs de fond

….chantait Pierre Bachelet, hélas disparu , trop tôt, en 2005.  Il avait 60 ans. Le monde de la mine ne triche pas. Il intrigue ceux qui ne sont pas enracinés dans cette terre de houille. Par son coté mystérieux , par sa culture partagée avec l’Europe de l’Est, notamment la Pologne, par son folklore, par la solidarité sans faille de ses habitants qui pendant des vies entières partageaient tout : travail, loisirs, rythme d’habitat ( les fameux corons), et peur. Peur du coup de grisou, de l’effondrement des galeries, de l’inondation de ces dernières. C’est ce que la mine de Lewarde fait comprendre à tous ses visiteurs.

 

 Trois siècles d’histoire de la mine

Créé en 1982,  à l’initiative des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais, le Centre Historique Minier de Lewarde, inscrit au Patrimoine Mondial de L’UNESCO,  est installé sur le carreau de l’ancienne fosse Delloye. Un site de 8 hectares où travaillèrent entre 1930 et 1971 un millier de mineurs, qui produisirent en moyenne mille tonnes de charbon par jour. Dans ce lieu si chargé de mémoire, où fut tourné Germinal, le film de Claude Berri, tout est impressionnant. La visite se fait par petits groupe en compagnie d’un guide. Salles d’expositions temporaires, et grande salle accueillant des expositions permanentes inaugurent le trajet. Ici, on découvre les différents âges de la mine, l’origine du charbon, la vie dans la cité minière qui plonge les visiteurs dans le quotidien des mineurs et de leurs familles, des objets, des maquettes, des photographies… Plus loin « la salle des pendus » où les mineurs accrochaient leur vêtements de ville le matin, avant d’enfiler leur tenue de travail, la lampisterie, les imposantes bobines de la machine d’extraction. Puis on descend dans la mine (seuls ceux qui atteignent les galeries connaissent la profondeur, JVC ne vous la dévoilera pas). Une vraie expérience sensorielle rythmée par le vrombissement des machines, des gestes et postures de mineurs, des hennissements de chevaux tirant les wagonnets chargés à ras bord de ce charbon à la fois nourricier et dangereux. Une fois remontés, un ancien mineur vous accueille. Il vous fait partager son vécu, de son premier jour à la mine à son retour à la maison. Émouvant.

Des terrils sauvegardés

« Et j’avais des terrils à défaut de montagnes 
D’en haut je voyais la campagne 
Mon père était « gueule noire » comme l’étaient ses parents 
Ma mère avait les cheveux blancs 
Ils étaient de la fosse, comme on est d’un pays …. »
poursuivait Pierre Bachelet, né à Paris mais ayant vécu longtemps à Calais , ville natale de son père.
Du haut de ces fameux terrils, aujourd’hui protégés (bonnes chaussures recommandées, les pentes sont assez raides et la descente glissante), on peut saisir la diversité du patrimoine lié à l’épopée minière et les enjeux de sa reconversion. Ce patrimoine technique est constitué d’édifices liés à la production du charbon: puits, fosses, cavaliers( chemins de fer) permettant le transport du charbon vers les lieux d’expédition, gares ferroviaires et gares d’eau (pour les locomotives). Aux abords des fosses, les fameux terrils (200 sont encore visibles). Les plus visités: les terrils jumeaux à Loos-en-Gohelle , considérés comme les plus hauts d’Europe – 187 mètres), les terrils jumeaux d’Haillicourt qui accueillent une végétation arborescente ainsi que… 3000 pieds de vigne( cépage Chardonnay) plantés à 100 mètres de hauteur, faisant d’Haillicourt la première ville française à posséder un terril viticole.
A noter , le charbon continue de se consumer au cœur des terrils qui offrent donc des températures plus élevées que le reste de la forêt ou de la plaine environnantes, et que plus un terril est vieux, plus il est  boisé.
 
www.crtnordpasdecalais.fr

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