La ballade de Dusty une BD pour les grands aux Editions Grand Angle Comment se détendre en lisant l’Histoire

Dusty est une pré-ado trop tôt montée en graine, garçon manqué, aurait-on dit avant la querelle du genre. Elle s’appelle Dorothy, mais elle préfère Dusty, littéralement, la poussière : elle/il va en soulever beaucoup, de la poussière, cette Gavroche de broussailles, dans sa Ballade, -on pourrait écrire aussi « balade », improbable « roadtrip BD ». Avec l’espoir tenace, partant du Missouri où sa famille misérable a été expropriée par la Grande Dépression des années 30, d’atteindre Washington par ses moyens propres, si l’on ose dire : elle y sera aidée par Beani, jeune estropié par une polio qui l’initiera quand même à la resquille aux transports, à la mendicité aux chansons, bref au système D.Dusty

Elle brûle d’atteindre la capitale où son père, depuis des mois, est allé demander des comptes à Roosevelt, autre polio, mais alors président en exercice des Etats-Unis. Après des péripéties de survie (embauche sur un champ de fraisiers infesté de serpents) ou d’affrontements (cavale aux naseaux fumants superbement croquée), elle n’y sera pas parvenue en fin de tome, mais on en promet un prochain, bientôt.

Ce n’est pas un drame classique, le langage n’y est pas très châtié et cela ne m’est pas apparu toujours inévitable.  Mais c’est du théâtre en BD, plein de personnages de ce temps, réels ou de fiction, également bien campés (Bonnie et Clyde cruels, une Bertha au cœur gros comme ses bras et qui s’en sert !).

Ces dessins, -les regards! sont souvent fascinants et le texte déborde de la période annoncée. En amont, on pense bien sûr à Mark Twain et son Tom Sawyer, mais quand on lit : « là où on se bat pour que les affamés mangent, j’y serai », on peut entendre Bertolt Brecht et son « d’abord la bouffe, puis la morale », -ou pourquoi pas Coluche ?

Si l’ouvrage était sonorisé, on écouterait bien, évoqués par certaines planches nostalgiques, « Ô Moon of Alabama » ou le Kurt Weill de l’Opéra de Quat’sous.

Pour le moment cela ne finit pas bien comme souvent dans les « road movies ».

Et Non : aucune des fameuses trois unités (lieu, temps, action) n’y est respectée, mais peut-être préférerez-vous l’ouvrage comme cela, vous aussi ?Dusty

Résumé : Le road trip de Dusty qui traverse l’Amérique des années 30.dusty

1930 – États-Unis, pendant la Grande Dépression. Expropriée, la famille de Dusty va devoir habiter chez des voisins. La gamine ne décolère pas, car son père est parti à Washington demander avec quelques milliers d’autres manifestants des comptes au président… Mais c’est trop long… Elle décide d’aller le chercher !

Sur son chemin semé d’embuches elle va rencontrer de nombreux personnages (réels ou imaginaires), comme Tom Joad, le héros des Raisins de la colère de Steinbeck, les criminels Bonnie & Clyde ou encore les artistes du cirque du film Freaks.

La ballade de Dusty: 56 pages, 14€90 aux Editions Grand Angle

Vidal pour JVC

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