Prime de naissance détournée de son objectif

L’an dernier, dans le cadre du PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale), le Gouvernement a décidé le décalage de 5 mois du versement de la prime à la naissance, au détriment des futurs et jeunes parents.
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Cette prime était versée au 7ème mois de grossesse, l’est désormais à la fin du 2ème mois de l‘enfant.

Les effets de cette disposition sont maintenant mesurables par la filière des articles de puériculture qui constate une forte de baisse de son activité et demande donc le retour au dispositif antérieur.

En parallèle, la natalité enregistre au premier semestre une baisse significative de 3 %.

En moyenne, le budget consacré à l’équipement du bébé s’élève à 1 500€ dont 60% sont réservés à l’achat des gros articles de puériculture (roulant et mobilier). 86% des poussettes sont achetées pendant la grossesse.

Il semble naturel que de nombreux achats soient effectués avant l’arrivée du bébé et non pas 3 mois après la naissance !

Une prime à combien ?

Le montant de la prime à la naissance s’élève à 923,08 € (non augmenté en 2015). Elle  est attribuée sous conditions de ressources.

Un parallèle peut être établi avec l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Cette dernière versée à partir du 18 août, permet bien de couvrir les achats de fournitures. Ce qui est vrai pour l’élève ne le serait donc pas pour le bébé ?

Quelle est la raison de cette mesure ?

Cette disposition mettrait selon la Fédération des Industries Jouet-Puériculture en péril une filière qui génère plus de 200 millions d’euros de TVA chaque année. Elle emploie aussi 10 000 personnes.

Les professionnels constatent également une montée en puissance de l’occasion. C’est évidemment un plus économique pour les parents. Mais si cela limite les produits jetés encore en parfait état de fonctionnement, ça n’est peut-être pas sécuritaire à 100%. (Par exemple un siège auto ayant subi un choc à plus de 50 km/h n’est plus considéré comme sûr. Un lit à barreaux mal remonté peut provoquer un accident.)

Situation paradoxale pour une profession qui investit massivement et constamment dans l’amélioration des normes, vers toujours plus de sécurité à la demande justifiée des parents.

Quels effets ?

La France est le premier marché en Europe pour les articles de puériculture. Toutes les études économiques montrent la forte corrélation de la taille des marchés nationaux avec, bien sûr la natalité, mais également avec le soutien apporté par la qualité de la politique familiale en place.

L’une des principales réussites de la France était sa politique familiale. Elle réussissait à concilier le premier taux de fécondité d’Europe et l’insertion professionnelle des parents. Plus particulièrement cela concernait les femmes. Cette politique familiale, reposait en particulier sur des mesures en faveur des familles restées relativement stables et cohérentes au fil des années. Cela a créé un climat de confiance indispensable pour une démographie dynamique. Plusieurs mesures on changé cette donne récemment.

  • L’abandon du caractère universel des allocations familiales,
  • La durée du libre choix d’activité à répartir obligatoirement entre le père et la mère.

Cela semble totalement utopique car cela contraint beaucoup de parents à trouver un mode de garde pour les 6 mois précédent l’entrée en maternelle.

La Fédération des Industries Jouet-Puériculture constate un fléchissement marqué de la natalité sur le premier semestre 2015 avec 11 100 naissances en moins soit près de 3% de baisse (371 100 vs 382 200 en 2014).

La filière des articles de puériculture demande donc, dans le cadre de l’examen du PLFSS 2016, un retour au dispositif antérieur. Soit que la prime soit versée au septième mois de la grossesse.

www.fjp.fr

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