Infertilité masculine : le voile se lève sur un tabou 1/3

 infertilité-copyright siveer-jvc_jevouschouchoute_robinet + goutte

Depuis les plus anciennes civilisations, la « stérilité » des couples est généralement attribuée à des désordres physiologiques féminins.

En dehors des cas d’impuissance, l’ infertilité masculine n’est pas envisagée. Or, le développement de la procréation médicalement assistée (PMA) et la multiplication des consultations de couples infertiles ont mis en évidence la très grande fréquence de causes masculines dans l’ infertilité du couple : sur 100 couples qui rencontrent des difficultés à procréer1, 30 le doivent à la femme, 20 à l’homme et 40 à des causes mixtes (10% des infertilités restent inexpliquées). Et, parmi les couples, de plus en plus nombreux, qui consultent un médecin suite à des difficultés à avoir un enfant (1 couple sur 10 en France), une cause masculine est à l’origine de la moitié des cas. En effet, un homme sur 20 souffre « d’hypofertilité ».

Ce phénomène peut provenir de plusieurs causes :

génétiques, endocriniennes, infectieuses ou liées au mode de vie (consommation excessive d’alcool, tabac, cannabis, ports de sous-vêtements serrés, positions assise, exposition à des pesticides).

Pour connaître la fertilité d’un homme, il faut établir en premier lieu un spermogramme, c’est-à-dire l’analyse d’un éjaculat. Le sperme se définit par différentes caractéristiques : le nombre de spermatozoïdes (dans le cas d’un homme fertile il est supérieur à 15 millions par millilitres), le nombre de spermatozoïdes vivants (il doit être supérieur à 58%), la mobilité des spermatozoïdes (elle doit être supérieure à 32%) et leur morphologie (typique ou atypique). Un défaut de l’une ou plusieurs de ces caractéristiques peut conduire à l’infertilité. Celle-ci peut être définitive ou temporaire : une fatigue importante ou la prise de certains médicaments comme une anesthésie  peut réduire le nombre de spermatozoïdes vivants mais tout rentrera dans l’ordre quelques semaines voire mois après que la fatigue ou la prise de médicaments s’arrêteront (on compte jusqu’à 6 mois suite à une anesthésie générale). Dans chacun de ces cas, des traitements existent : antibiotique en cas d’infection, chirurgie, arrêt du tabac, traitement antioxydant. La prise en charge médicale puis éventuellement l’assistance à la fécondation sont dans de nombreux cas efficaces. Il est donc crucial de connaitre les causes de l’infertilité du couple.

Or, l’ infertilité masculine est un sujet sensible, car il renvoie symboliquement à la masculinité et à la virilité :

sur 100 hommes infertiles, 80 déclarent ressentir un sentiment de culpabilité2. D’autres témoignages parlent de détresse, de désespoir et même d’isolement, le couple subissant alors de très fortes tensions pouvant conduire à la séparation. C’est la raison pour laquelle de nombreux hommes tardent à consulter les médecins lorsqu’ils rencontrent des difficultés pour avoir un enfant. Dans de très nombreux cas, c’est la femme qui consulte un médecin et l’on ne réalise de bilan sur l’homme qu’après de nombreux mois, qui sont parfois précieux dans le traitement de l’infertilité : il en va ainsi des couples un peu âgés qui s’aperçoivent de leur infertilité trop tard pour être admis dans les services d’aide à la procréation, ces derniers étant très stricts en France sur les limites d’âge auxquelles ils accueillent les couples (38 ans pour un don d’ovocyte, 43 ans pour une FIV).

De surcroît, cette question devient d’autant plus cruciale qu’une enquête menée en 2012 par le très sérieux InVs3 a montré que pour l’ensemble des hommes, il existe une diminution significative de la concentration du sperme depuis 15 ans. Cette baisse est de 1.9% en moyenne par an. Elle serait principalement due à des facteurs environnementaux (tabac, alcool, pollution, etc.). Pour le moment, cette baisse de la qualité du sperme n’a pas eu pour effet d’accroître le nombre de couples infertiles mais, si elle devait se prolonger, cela ne manquerait pas d’accroître le nombre d’hommes touchés par le phénomène.

Il est donc grand temps aujourd’hui d’informer davantage sur l’infertilité masculine, d’autant plus que des moyens simples existent pour détecter l’hypofertilité et trouver des solutions pour le couple. De nombreuses associations, les pouvoirs publics et même des acteurs privés (laboratoire pharmaceutique) se mobilisent aujourd’hui pour diffuser l’information sur ce sujet.

JVC vous recommande de vous adresser aux associations compétentes, qui sont particulièrement efficaces et compréhensives et vous informe sur la sortie d’un nouvel autotest de fertilité masculine, qui s’achète en pharmacie et peut être réalisé chez soi. Voir parties 2 et 3

1 Selon l’OMS, l’ infertilité est l’incapacité pour un couple de concevoir un enfant après un an de rapports non protégés.

2 Selon une étude américaine parue en 1992 dans la revue Fertility Sterility.

3 Étude parue en décembre 2012 dans Human Reproduction

631 visiteurs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *