L’orthographe est une science de l’oeil.

« Les fautes d’orthographe, Diplôme de la faute d'orthographe JVC jevouschouchoutel’ignorance des plus simples éléments de la langue française laissent trop voir qu’un grand nombre se présente à ces épreuves du baccalauréat comme à un jeu de hasard où c’est la fortune qui doit tout faire », se désole le doyen Le Clerc, de la Sorbonne, en 1879. Vingt ans après, Victor Bérard, professeur en Sorbonne déclare : « Les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe ».

Mais que disent les faits ? S’il est exact que le niveau des élèves français ne connaît pas d’ascension depuis une décennie, la réalité est loin d’être désastreuse. Certes, une étude récente indiquait une baisse des performances des élèves de CE2 en français mais elle faisait suite à une autre étude révélant que les acquis des enfants des maternelles avaient, eux, bondi.

En 1850, 1% d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat. En 2013, ils sont 73%. Les bacheliers français ne sont pas réellement moins bons, ils sont simplement plus nombreux.

Il y a en France une tradition assez perverse d’autodénigrement de notre système scolaire, où les bons chiffres deviennent tout de suite suspects. Il faut interroger les ressorts, enfouis au plus profond de notre inconscient, qui nous font sans cesse douter de notre capacité à transmettre.

Un grief en particulier revient, lancinant : les lycéens ne maîtrisent plus l’orthographe. Cette rengaine montre d’abord une peur pathétique d’une génération pour celle qui vient après elle. Comme si nous voyions la jeunesse indigne, par essence, de nous succéder. Si le niveau baisse depuis toujours en réalité, JVC s’étonne que l’humanité n’en soit pas revenue à l’âge de pierre.

Un autre argument, plus pernicieux, prétend que si un nombre toujours plus grand de candidats obtient un diplôme donné, c’est bien que celui soit donné à n’importe qui. Le retournement est saisissant et met à mal l’idée de la visée démocratique de notre école.

Méritocratie republicaine JVC jevouschouchoute

Il y a en France une crispation de l’élite sur son pré carré, qu’elle semble prête à défendre au prix même d’une distorsion de la logique, qu’elle cache derrière sa glorification de la fameuse méritocratie républicaine. JVC attire l’attention pour ne pas assister à la reproduction d’une aristocratie intellectuelle et socioéconomique repliée sur elle-même.

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Comments: 2

  1. Ce qui me frappe, c’est l’accroissement de la diversité des connaissances individuelles. Dans ces conditions, la comparaison des niveaux perd beaucoup de son sens. Autre conséquence, tout enseignement collectif devient ainsi plus difficile, car il faut bien s’appuyer sur un noyau commun d’acquis qui s’en trouve ainsi réduit . Et si l’on s’oriente vers un enseignement plus individualisé pour en tenir compte, ne risque-t-on pas d’accroître encore davantage cette diversité,- et avec quelles conséquences pour notre vie en société?

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