Le choc Bill Viola

Si vous ne connaissez pas l’art vidéo, il faut aller voir l’exposition Bill Viola ! Si vous n’aimez pas l’art vidéo, il faut aller voir l’exposition Bill Viola ! Et si vous l’aimez, il faut y aller aussi !

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D’abord parce que c’est un choc émotionnel, une vraie déflagration. Si vous résistez à la douce fascination qu’exercent les quatre paires mains de « Four hands » crée en 2001, si vous n’êtes pas interloqués par les rêveurs immergés de « Dreamers (2013), vous ne pourrez pas assister sans intense émotion à la splendide ascension de Tristan (Tristan’s ascension, 2005) :

 

  • Four hands est composé de quatre petits écrans plats, fixés sur un panneau noir, présentant les images animées de quatre paires de mains –celles d’un jeune garçon, d’une femme, d’un homme et d’une femme âgée -. Ces mains filmées au ralenti, qui effectuent des gestes très purs, inspirés du bouddhisme ou du langage des signes, nous parlent davantage que des bouches bavardes. Elles nous invitent successivement à vivre, à résister, à nous unir ou à accepter le cours du temps.

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Bill VIOLA ‘Four Hands’ 2001, video polyptych on four LCD flat panels mounted on a shelf, artist’s proof, collection of the artist, © Bill Viola, photograph: Kira Perov

  • Autre source d’émotion, Dreamers est une installation composée de sept grands écrans qui présentent des personnes immergées, visiblement endormies et plongées dans les songes. Leur sérénité est soulignée par le son de l’eau qui emplit la pièce et par la déformation visuelle des corps produite par l’ondulation du liquide. Après quelques minutes dans la salle, le visiteur semble pénétrer au cœur de leurs rêves.
  • Enfin Tristan’s ascension décrit l’ascension de l’âme après la mort. Le corps d’un homme mort est allongé sur une dalle de pierre dans une pièce en béton vide. Peu à peu, de fines gouttes de pluie quittent le sol et remontent vers le ciel. Cette fine pluie en quelques sorte « inversée » se mue progressivement en un véritable déluge qui gronde dans la pièce et bouscule le corps inerte de l’homme jusqu’à ce que celui-ci se soulève de la dalle et s’élève vers le ciel dans un mouvement lent et d’une grâce infinie.

Ensuite, parce que cette exposition est une recension en 20 œuvres, 50 écrans des heures d’images et trois sections (Qui suis-je ? Où suis-je ? Où vais-je ?), de l’ensemble du parcours artistique de l’artiste. A 63 ans, Bill Viola est l’un des plus célèbres vidéastes au monde, « né avec la vidéo » comme il aime à le rappeler, et pionnier dans cet art particulier.

Enfin parce qu’à travers Bill Viola, c’est tout cet art encore réservé aux spécialistes que le public du Grand Palais est appelé à découvrir. Cette exposition démontre – s’il le fallait – que l’art vidéo est porteur de messages, d’émotions et de réflexion métaphysique qui touchent chacun de nous. Bill Viola nous livre une réflexion sur le temps, sur la lenteur et sur le cycle de vie, à travers un usage particulier du travail sur le rythme et les les images, (ralentis, images en double, mirages, jeu sur les écrans et les voiles – dans The veiling, où 9 grands voiles accrochés au plafond diffusent l’image d’un homme et d’une femme qui se croisent sans se rencontrer -) et sur l’élément liquide (l’eau est très présente dans l’œuvre, l’eau purificatrice, ou l’eau menaçante du Deluge…).

C’est une exposition sobre, qui explique peu (une notice de présentation technique accompagne chaque œuvre), qui laisse toute sa place à l’émotion. Prévoyez d’y passer au moins une heure, pour profiter de cette belle invitation à la méditation.

Recette Chimène pour JVC

Exposition Bill Viola

05 Mars 201421 Juillet 2014

Grand Palais, Galeries nationales

384 visiteurs

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