Instinct de survie ou les femmes et les enfants d’abord

C’est le premier réflexe à avoir même si on n’est pas fan du Titanic. Une étude suédoise en 2012 révèle pourtant que cette pratique est un mythe, un de plus qui s’est développé au cours du naufrage du RMS Titanic : 70 % des femmes et des enfants ont survécu contre 20 % des hommes.

C’est l’exception à la règle. Titanic JVC jevouschouchoute.frEn effet une analyse, de 18 désastres maritimes majeurs sur trois siècles impliquant 15 000 individus de plus de 30 nationalités différentes, montre que le taux de survie de l’équipage et du capitaine est supérieur à celui des passagers, que celui des hommes est le double des femmes et que celui des enfants n’atteint que 15 %.

Cent ans après le Titanic, la formule a d’abord un parfum chevaleresque teinté de virilité sacrificielle. Après plusieurs décennies de militantisme pour l’égalité des sexes, à l’époque où l’on crée des quotas de femmes à appliquer dans la construction d’un gouvernement, les femmes ont acquis le droit de périr en mer sans accès VIP aux canots d’évacuation.

Cependant nous vivons un temps où « sauver les enfants », d’abord les enfants ou seulement les enfants, constitue un principe largement consensuel dans une émotion partagée installant la mort d’un enfant tout en haut de l’échelle du mal à conjurer.

Qui sauver d’abord quand on ne peut pas sauver tout le monde ? Qui doit vivre quand tout le monde ne peut pas survivre ? Les listes de priorisation sont des listes d’attente théoriquement sans passe-droit. Tout le monde sait ce que représente une liste d’attente de greffes d’organes ! Choisir qui passe d’abord, c’est choisir tout court celui qui n’y passe pas.

Comment ces choix de priorisation pourraient-ils être discutés publiquement ? Dans Les Misérables, Victor Hugo évoque de tels arbitrages quand il raconte le dilemme que doivent résoudre Marius et ses camarades insurgés. La barricade va être écrasée, mais on peut exfiltrer quatre individus grâce à quatre uniformes de gardes nationaux arrachés à l’ennemi. Il n’y a pas lieu de faire des sacrifices inutiles et il faut donc désigner quatre hommes à soustraire au massacre attendu. Mais lesquels ? Qui doit rester en vie quand tout le monde est prêt au martyre pour la cause ? « Les hommes mariés et les soutiens de famille hors des rangs ! » crie Marius. A ce jeu-là, il y en aura toujours un de trop. Lequel a le plus besoin de survivre ? Le refuge dans l’illusion de critères objectifs fait long feu.

La solution à adopter n’est-elle pas le tirage au sort. Que le hasard ou la Providence se débrouille donc !

JVC est contre toutes les discriminations et prône avec la vidéo suivante une réflexion sur l’instinct de survie.

588 visiteurs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *